C’est l’été et deux garçons avancent à l’ombre d’un verger, dans le sud de la Malaisie. «Je les appelle des garçons, mais en réalité ce ne sont plus des garçons. Que sont-ils alors, puisque ce ne sont pas encore des hommes ?» L’un s’appelle Jay, l’autre Chuan. Le premier, habitant de la capitale Kuala Lumpur, est de passage pour les vacances dans la ferme dont ses parents viennent d’hériter. Le second, un peu plus âgé, travaille sur place avec son père. Les récoltes sont mauvaises, la chaleur écrasante. «J’espère que nous pourrons sauver ces arbres», dit Chuan avant de plaquer Jay contre l’écorce.
A partir de cette ouverture, le roman fait chemin retour pour raconter l’épanouissement du sentiment amoureux sur les ruines du domaine. Pour continuer à suivre ces deux personnages et leurs familles, l’écrivain malaisien de langue anglaise Tash Aw, né en 1971, projette pour l’heure quatre tomes. Le Sud est le premier, livre de la mémoire et du temps qui passe, sensoriel et discrètement politique. Rencontre à Paris, et en français.
Ce titre, «le Sud», comment l’entendez-vous ?
Je ne suis pas très bon en titres. En général, c’est ce que je trouve en dernier. Pour ce roman, c’était un




