Si The Disciple, second long métrage de Chaitanya Tamhane, réalisateur indien de Bombay, a remporté en septembre le prix du scénario à la Mostra de Venise, c’est parce que son intérêt, ou son domaine d’expérimentation, est d’abord thématique : à partir d’un petit nombre de thèmes, il nous raconte une histoire par les moyens de la subtilité. Cette dernière, avant d’être ou non une qualité, est une technique rhétorique, celle du cinéma de la nuance. C’est en cela, et pas seulement par son sujet, que The Disciple est un film musical, composé de petites variations sur le thème principal, qui est celui de l’échec. Son personnage, Sharad Nerulkar (joué par le chanteur Aditya Modak) est le jeune disciple d’un maître de musique hindoustanie, la musique classique du nord de l’Inde, auprès duquel il apprend à maîtriser le style khyal, de la connaissance du répertoire à l’art de l’improvisation. Entre le début du film en 2006, et sa fin, celle des années 2010, Sharad fait l’expérience des désillusions, sur le chemin de l’acceptation de sa possible médiocrité. Possible, parce que le film n’est pas là pour en décider à sa place, mais pour nous en faire entendre les nuances.
Dans l’histoire du cinéma, laisser des performances musicales à notre écoute libre et attentive, dans la durée de plans où la musique existe par et pour elle-même, a été la conquête pionnière d




