Menu
Libération
Sélection

Théâtre et danse : les spectacles à voir en ce moment à Paris et ailleurs

A Paris, Nantes ou Bordeaux, «Libé» vous guide dans les pièces ou spectacles de danse à ne pas manquer. Avec notamment «Jusqu’à ce qu’on meure» de Brigitte Poupart et «le Sommet» de Christoph Marthaler.

Les pièces «le Sommet» et «Jusqu’à ce qu’on meure». (Matthias Horn et J.-F. Savaria. Festival d'Avignon)
Publié le 09/12/2025 à 6h03

Pour aider nos lecteurs à s’y retrouver dans une offre culturelle foisonnante, les journalistes du service Culture de Libé déblaient le terrain et vous livrent l’essentiel de ce qui leur a plu dans l’actualité des spectacles de danse, opéra ou théâtre. Retrouvez ici l’ensemble de nos sélections cinéma, musique, série…

A Paris

«Les petites filles modernes (titre provisoire)» de Joël Pommerat

Le metteur en scène raconte la jeunesse, ses amitiés, ses amours, et renoue avec les puissances fabuleuses de l’éblouissement, au Théâtre national populaire de Villeurbanne (Métropole de Lyon) jusqu’au 10 décembre, avant une tournée. Lire la chronique d’Aïnhoa Jean-Calmettes.

Du 18 décembre au 24 janvier au théâtre Nanterre-Amandiers, du 14 au 18 avril à la Comédie de Genève, les 29 et 30 avril à la Maison de la Culture d’Amiens.

«Jusqu’à ce qu’on meure» de Brigitte Poupart

L’ambitieux spectacle de la Québécoise Brigitte Poupart place le cirque dans un dispositif immersif où cohabitent onirisme lumineux et réalité brutale. C’est dans un cadre postapocalyptique et obsolète, composé de décors distincts au milieu desquels on circule librement – salon vieillot, avec fauteuil défoncé, lampe de chevet, fatras de livres éparpillés, cabine téléphonique du temps jadis, cuisine érigée à la verticale, carcasse de Mercedes… – qu’une douzaine de corps, d’abord inertes, sont appelés à reprendre vie. Retrouver la critique de Gilles Renault lors de son passage aux Nuit de Fourvière.

Du 13 au 21 décembre à la Villette, à Paris.

«The aborrrtion ship» de Mathilde Wind

Elle aime sa Suzuki à en mourir, elle nous gratifie de quelques riffs de guitare électrique (version Riot grrrl), mais plus que tout elle se donne à son travail de gynécologue dans un hôpital public. Juliette Fribourg est seule sur scène pour incarner cette médecin nature et punk et nous, le public, sommes une réalisatrice venue tourner un documentaire sur le centre qui reçoit, chaque jour, des femmes venues pour une contraception ou un IVG. Simplement, doucement, de son rendez-vous avec une patiente désespérée d’être enceinte à sa pause clope, la gynéco nous parle des mots, précis, qui mettent à l’aise, des gestes sûrs qu’impose sa pratique, de la fatigue aussi quand le centre est encore une fois menacé de coupes budgétaires. Pour constituer cette «fiction documentaire», l’autrice et metteuse en scène Mathilde Win a recueilli une douzaine de témoignages de soignantes. Le spectacle a été sélectionné pour concourir au festival du Théâtre émergent Impatience.

Au théâtre de la Reine Blanche (75018), samedi 13, mardi 16 et jeudi 18 décembre. Et à la MAC de Créteil les 10 et 11 décembre dans le cadre d’Impatience, festival du théâtre émergent.

«Le Sommet» de Christoph Marthaler

Dans le Sommet, le metteur en scène suisse entraîne le spectateur tout là-haut, dans un chalet de montagne, sorte de micromonde chaotique où plusieurs voix européennes ne semblent se comprendre qu’une fois chantées. Christoph Marthaler a le chic pour construire un micromonde polyphonique, véritable piège pour la mémoire, dont les éléments semblent s’effacer au fur et à mesure de leur déroulement, purs instants à la perfection fugace. Lire la critique d’Anne Diatkine lors du passage de la pièce au Festival d’Avignon.

Du 10 au 11 décembre 2025 aux Théâtre des Gémeaux à Paris.

«Dear Jason, Dear Andrew» de Sébastien Barrier

L’artiste présente un hommage personnel au duo Sleaford Mods sous forme de monologue divagatoire tour à tour énervé et touchant. Un seul en scène littéralement habité par le flow electro-punk du groupe anglais. Relire la critique de Jean-Christophe Feraud, lors du passage de la pièce dans le Off d’Avignon.

Au Rond-Point à Paris jusqu’au 13 décembre.

«Pétrole» de Pasolini mis en scène par Sylvain Creuzevault

Le metteur en scène transforme brillamment le livre inachevé de l’artiste italien en un laboratoire théâtral où pensée, politique et sexualité crue s’entremêlent. Se superposent plusieurs couches – «comme une broche de kebab» dira l’un des personnages du spectacle : des considérations politiques sur l’Italie des années 60 et 70, des paraboles, des contes et des tableaux satiriques et pornographiques ; en somme, un bazar de notes qu’on défie qui que ce soit d’adapter sur une scène de théâtre. Retrouver la critique de Lucile Commeaux.

Au théâtre de l’Odéon, à Paris, jusqu’au 21 décembre et en tournée.

«Poil de carotte, poil de carotte» très lointainement inspiré par Jules Renard, de Flavien Bellec et Etienne Blanc.

La création de la jeune compagnie Frenhofer articule brillamment la figure de l’enfant maltraité de Jules Renard avec celle d’un artiste humilié qui s’en empare. Troisième collaboration du trio, Flavien Bellec, Etienne Blanc et Solal Forte, coutumiers d’un théâtre minimaliste et essentiel, susceptible de briser la glace gelée en nous. Guettons également leur prochaine création, Détail d’un vase grec à figures rouges du 16 au 20 décembre toujours à l’Athénée. Retrouver la critique d’Anne Diatkine

Du 9 au 13 décembre à 20h30 • 1h10 à l’Athénée à Paris, puis en tournée à Puis en tournée : les 1er e t2 avril 2026Théâtre de l’Étincelle à Rouen en co-accueil avec le CDN de Rouen-Normandie.

«L’Ecole de danse» de Carlo Goldoni, mise en scène de Clément Hervieu-Léger

Magie du théâtre, quand c’est réussi : une comédie sociale de 1759, écrite par un Italien génial, prolifique et en disgrâce, est mise en scène à Paris en 2025 dans des tons bruns, comme un tableau de Degas, et tout cela est d’un naturel sauvage, allègre et réconfortant. Portée par une Florence Viala bombe comique et un Denis Podalydès élégant et cruel, cette mise en scène de la pièce de Carlo Goldoni mêle avec soin l’absurde et le satirique. Retrouvez la critique de Philippe Lançon.

A la Comédie-Française, à Paris, jusqu’au 3 janvier.

«Honda Romance» de Vimala Pons au festival Beaux Gestes

L’actrice hybride donne un spectacle entouré d’une dizaine de danseurs, d’un satellite et de trois canons à air. Dans une interview à Libé, elle expliquait vouloir confronter ses questionnements existentiels à la puissance et la violence de la technique et des éléments. On la retrouve au festival Beaux gestes, au Centquatre, où l’on retrouve aussi Israel Galvan, Marlene Monteiro-Freitas ou Lia Rodrigues.

Festival Beaux Gestes du 1er au 14 décembre au Centquatre-Paris.

A Bordeaux

«La Gouineraie» de Rébecca Chaillon et Sandra Calderon

Dans une pièce en forme de chantier existentiel, les deux femmes construisent un lieu pour des familles «anti-nucléaires» et des amours libres et lesbiens. Et en performant leurs vies, elles nous tendent un miroir et en profitent pour repasser à la moulinette un bon nombre de constructions sociales, du foyer, au succès, en passant par l’éducation positive et la hiérarchisation des relations. Lire la critique d’Aïnhoa Jean-Calmettes.

Du 9 au 13 décembre au Tnba, Bordeaux, du 12 au 21 mars au T2G, Gennevilliers, du 15 au 28 mars au théâtre Sorano, Toulouse. Durée : 1 h 30

A Nantes

«Boat people» de Marine Bachelot Nguyen

La metteuse en scène mêle enquête documentaire, images d’archives et fiction pour raconter l’arrivée en France des réfugiés. Nous sommes dans les années 80, le drame des boat people fait l’ouverture de tous les journaux télévisés et une famille française décide d’accueillir une famille vietnamienne. Si la pièce n’échappe pas toujours au didactisme, elle montre de manière saisissante une histoire hypermédiatisée et pourtant confisquée.

Du 20 au 23 décembre à Mixt, à Nantes.

C’est ici pour retrouver l’ensemble de nos sélections expositions, ciné le mercredi, musique et séries. Tout ce qui nous a plu (et parfois déplu) dans l’actualité de la culture.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique