Menu
Libération
Sélection

Théâtre et danse : les spectacles à voir et à réserver en ce moment à Paris et alentours

«Libé» vous guide dans les pièces ou spectacles de danse à ne pas manquer à Paris ces jours-ci. Avec notamment «les Femmes savantes» vues par Emma Dante et «les Petites Filles modernes» de Pommerat.

(Jean-Louis Fernandez ; Agathe Pommerat)
Publié le 06/01/2026 à 7h53

Pour aider nos lecteurs à s’y retrouver dans une offre culturelle foisonnante, les journalistes du service Culture de Libé déblaient le terrain et vous livrent l’essentiel de ce qui leur a plu dans l’actualité des spectacles de danse, opéra ou théâtre. Retrouvez ici l’ensemble de nos sélections cinéma, musique, série…

Théâtre

«Les Femmes savantes» par Emma Dante

C’est la première fois que la metteuse en scène palermitaine s’attaque à Molière, à l’invitation de la Comédie française. Elle était jusqu’alors plus habituée à moquer les pouvoirs (de l’Eglise, de la mafia… bref de tous les rois qui l’accaparent) par une relecture de truculents contes palermitains. On est impatients de voir comment son remarquable univers, capable d’être aussi trivial qu’il est élégant, s’emparera de Molière. Surtout avec la troupe du Français dont Eric Génovèse, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Stéphane Varupenne…

Au Rond-Point à Paris, dans la programmation hors les murs de la Comédie française, du 14 janvier au 1er mars.

«Paradoxe» de Florence Janas et Guillaume Vincent

Tout commence par un pan de mur que Guillaume Vincent en short repeint en jaune vif tandis qu’on s’installe. Silence. Guillaume Vincent et Florence Janas sont tous les deux sur un même plateau, comme on dit «un même bateau» et au départ, d’une similitude qui questionne : mêmes intonations, même moustache, même nez. On croisera la mort qui approche (la mort de la mère notamment), mais aussi Proust, Mylène Farmer et le vrai sujet de la pièce : l’amitié salvatrice.

Au T2G de Gennevilliers, du 15 au 26 janvier.

«Les Petites Filles modernes (titre provisoire)» de Joël Pommerat

Depuis ses débuts, le metteur en scène n’a eu de cesse de revenir à l’enfance. Tantôt sous la forme de contes débarrassés de leurs oripeaux folkloriques dans des pièces minutieusement épurées, tantôt dans des univers plus contemporains, quoique teintés de fantastique. S’ils n’ont jamais été vraiment séparés, ce nouveau spectacle tisse ces deux registres dans une narration alternée qui finit par dessiner une unique trame. Lire la chronique d’Aïnhoa Jean-Calmettes.

Au théâtre Nanterre-Amandiers jusqu’au 24 janvier.

«Marie Stuart» de Friedrich Schiller, mise en scène de Chloé Dabert

Après Le Firmament et Rapt, Chloé Dabert s’attaque à Marie Stuart, une pièce historique de Friedrich von Schiller, écrite en 1800, qui revient sur le face-à-face fatal entre Marie Stuart, reine d’Ecosse catholique et emprisonnée depuis dix-huit ans, et la reine Elisabeth Ire d’Angleterre, protestante. La seconde doit-elle faire exécuter la première ? Une scénographie d’une grande beauté même si la pièce manque un peu de tension dans sa première partie.

Au théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, du 14 au 29 janvier.

«La fin du courage», texte de Cynthia Fleury mis en scène par Jacques Vincey

Huit actrices, quatre duos et autant de regards pour porter le plus célèbre texte de Cynthia Fleury jusqu’au mois de mars : Isabelle Adjani et Laure Calamy, Emmanuelle Béart et Sarah Suco, Isabelle Carré et Sophie Guillemin, Lubna Azabal et Rosa Burzstein. Rien que ça ? Dans la fin du courage, texte sur ce qui nous manque collectivement ou nous frappe de manière impérative et singulière, le mot fin doit évidemment être entendu dans son double sens. Cette entreprise de groupe et de troupe, lecture modeste et ambitieuse à la fois, est menée par le metteur en scène Jacques Vincey, qui à coup sûr ne manque ni de talent, ni de… courage. Et rend curieux des échos très actuels de ce texte paru il y a plus de quinze ans.

Au théâtre de l’Atelier à Paris, du 17 janvier au 8 mars.

«La déclaration de Louis Hee à John ah oui» de Nicolas Barry

Dans un seul-en-scène sensible et revigorant, quarante-cinq minutes durant, l’auteur, metteur en scène et interprète Nicolas Barry s’essaie avec vigueur et grande intelligence à renouveler la déclaration d’amour, la sortir de la gangue des métaphores usées, pour l’appliquer à lui, un homme homosexuel qui a grandi dans les images et les mots de l’hétérosexualité.

A l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet, du 17 au 24 janvier.

Danse

«In a corner the sky surrenders for Volmir» de Robyn Orlin et Volmir Cordeiro

C’est un classique de la danse contemporaine. En 1994, la chorégraphe sud-africaine, Robyn Orlin, imagine In a corner the sky surrenders, solo politique sur la vie dans la rue. Un carton où dormir, et un corps céleste qui évolue à l’air libre, devant un petit train enfantin qui tourne en rond dans la nuit. Lors du dernier festival d’Automne à Paris, Robyn Orlin a confié l’interprétation de son œuvre à Volmir Cordeiro. Avec son sac de couchage drapé comme une robe de star et son maillot crocheté rose, le danseur et chorégraphe brésilien livre, avec pas mal d’humour, sa version du dénuement enrichie de son expérience de l’exil. «Ah mon petit train, ramène-moi au Brésil, on va danser la samba…»

A la Fondation EDF à Paris, du 13 au 15 janvier.

Cirque

«L’absolu» de Boris Gibé

Créé fin 2017, l’Absolu reprend du service et il s’agit bien là d’une aubaine pour quiconque n’aurait pas encore eu l’opportunité (ou la curiosité) de découvrir le solo de Boris Gibé. Une performance hors norme, rétive à toute classification (n’était l’atavisme circassien du rejeton des Zampanos), que l’on découvre les yeux écarquillés, dans le dispositif hélicoïdal d’un immense silo naguère construit par l’artiste pour l’occasion. La structure justifiant à elle seule le déplacement, en l’occurrence dans le parc Georges-Brassens où elle stationne, tel un ovni, jusqu’à fin janvier.

Au théâtre Silvia-Monfort, du 9 au 31 janvier.

C’est ici pour retrouver l’ensemble de nos sélections expositions, ciné le mercredi, musique et séries. Tout ce qui nous a plu (et parfois déplu) dans l’actualité de la culture.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique