«Notre mission ? Devenir le plus grand média au monde et rester cool à jamais» Les mots sont du cofondateur de Vice Shane Smith en 2016, alors que le petit fanzine montréalais qu’il a créé vingt ans auparavant est devenu un puissant média mondialisé, valorisé à 6 milliards de dollars, imposant sur Internet et à la télévision son ton transgressif et ironique, d’articles foireux sur un bar à cocaïne en plein Brooklyn en reportages multiprimés sur l’Etat islamique. Mais voilà, dix ans et une faillite plus tard, Vice est aujourd’hui une coquille presque vide qui tente mollement de se relancer, et Shane Smith un podcasteur quinqua à la ligne politique douteuse - un de plus. Le «plus grand média au monde» ? Vice ne le deviendra jamais. Et «cool» ? Vice ne l’était probablement déjà plus en 2016.
Récit-gueule de bois
Cette histoire, celle d’un des plus gigantesques crashs récents dans l’industrie des médias, valait bien que




