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Libération
Critique

«White Building», défaits du logis

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En se penchant sur la destruction d’un foyer dans Phnom Penh, Neang Kavich contribue à la cartographie des dégâts du capitalisme mondialisé.

Le premier chapitre est consacré à l’amitié de trois post-ados de Phnom Penh et à leurs rêves de réussite.
Publié le 22/12/2021 à 7h40

White Building commence en imprimant une légère impression de déjà-vu, heureusement démentie par la suite : le film est découpé en chapitres, le premier est consacré à l’amitié de trois post-ados de Phnom Penh et à leurs rêves de réussite (avec les filles, dans le milieu de la danse), cochant les cases du film «pop», avec balades en scooter nocturnes et ambiance néon. Des motifs déjà aperçus dans Diamond Island (Davy Chou, son réalisateur, est d’ailleurs producteur de White Building) et correspondant à une façon de filmer les mégapoles asiatiques devenue classique.

Mais cette introduction est trompeuse, et bientôt l’un des amis se trouve seul dans la ville à devoir se projeter dans un avenir de plus en plus sombre. A la plastique des nuits cambodgiennes succèdent des journées passées dans ce «white building» que les habitants sont sommés de quitter contre une modique somme d’argent. Un autre film progresse alors sous le portrait d’adolescent, qui raconte un conflit de générations de plus en plus raide entre des parents pétris de peurs et de principes d’éducation conservateurs et un fils qui tente de les faire sortir de leur torpeur. L’ado des premières séquences, relativement frivole, cède peu à peu la place à un adulte responsable mais impuissant, qui voit lentement le white building de son enfance sombrer, la gangrène du pèr

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