Prendre des photos de magazines féminins, si possible celles de jolies filles qui sourient un peu bêtement. Leur refaire le portrait. Leur rajouter des formes. Leur donner de la chair, de la libido, de la séduction. Puis publier ces images désormais méconnaissables… Vous en aviez rêvé. Jean Rouzaud l’a fait.
Vandale, Jean Rouzaud ? Dans Freak Wave, ses pin-ups graffitées côtoient les musulmanes recolorisées de Kiki Picasso façon psychédélique. Il y a aussi dans cette revue —qui se présente avec enthousiasme comme «subversive, dérangeante, voire noire»— des œuvres de toutes sortes d'artistes agités comme Pennequin, Costes, Olivia Clavel, Mia Mäkilä, Greg Jacobsen, Féebrile, Dom Garcia, Muzo. Tous réunis derrière une couverture à l'aspect inquiétant : une jolie princesse de conte de fée, dans sa jolie robe rose à nœuds, sourit de toutes ses dents de zombie cannibale…
«La revue Freak wave, alias la vague scélérate, est un mélange de styles, de générations et d'origines unifiés dans un même thème : un insolent parti-pris misanthropique, annonce le dossier de presse. Peintures de fêtes foraines, photomontages troubles, dessins porno-sociaux, pamphlets rageurs, prose décadente et poésie kamikaze participent de la subversion, à contre-courant de l'art officiel engendré par les écoles des Beaux-Arts du Commerce et de la Banalité Equitable. Embarquez sur le Grand-Huit de La Vague Scélérate : accrochez-vous mais ne mettez pas la ceinture !»
Les textes conspirent en brûlots : on y retrouve les poètes-performers Charles Pennequin et Christophe Siebert, les pamphlets de Lisa B. Falour et Pierre-François Moreau, les fictions gore de Claude Brabant et Francis Powell auxquels s’ajoutent des récits du maître en écriture misanthropique Giovanni Papini, auteur italien du début du XXe siècle.
Exposition des artistes de la revue Freak Wave jusqu’au 5 avril
Galerie Les Singuliers : 138 boulevard Haussmann, Paris. M° : Miromesnil
Tous les jours, de 14h à 19h30
Tél. 06 33 68 97 30
Prix : 18 euros. Editeur Orbis Pictus Club.




