Dans moins de trois jours, les élections municipales, et force m’est de reconnaître qu’avec plus de complaisance qu’à l’accoutumée, j’entends ces voix plus nombreuses qu’à l’accoutumée exprimant à leur endroit un désintérêt, disons, appuyé. A ce scrutin, je vais pourtant me contraindre à participer - au moins lors de son premier tour - en ne voulant considérer que son enjeu national. Je m’y rendrai d’un pas lent et las, mélancolique et peu convaincu, avec le seul souci de faire le boulot, mais quel boulot ? Jouer encore et toujours en défense contre la banalisation d’un racisme qui, dans mon quartier, ressemble moins à une liste lepéniste qu’à l’éternelle exclusion du processus démocratique de tous mes voisins trop colorés pour avoir le droit de seulement glisser un bulletin dans une urne locale ? Au nom des «liberté égalité fraternité» ? Et pourquoi pas de la République ? Il faut que j’arrête, là… Si je m’attarde à cette réflexion, je sens trop bien que, par solidarité avec tous ces interdits de scrutin, je vais choisir de partager avec eux l’abstention qu’on leur impose. Me restera la conviction triste que si je n’ai pas de raison de voter, j’en aurai au moins une, et solide, de ne pas voter.
C'est dit, passons à autre chose et à une actualité plus substantielle. Cette semaine encore, on reviendra sur celle, également délétère, de la crise en laquelle sans fin s'enfonce Libération. On l'évoquait ici l'autre semaine en finissant de se convaincre que sa résolution pa




