Zemmour est hanté par un problème existentiel : la présence musulmane en France. Son énième dérapage est la formulation d'une solution fantasmée : la déportation de cette population. Outre que son entretien à la Corriere della Sera brise un tabou, il a le mérite de dévoiler les postures des uns et des autres : l'hypocrisie de ceux qui déploient une critique rhétorique et idéologique de l'islam pour mieux viser les musulmans eux-mêmes ; l'hypocrisie de ceux qui estiment aujourd'hui qu'une ligne rouge a été franchie quand Zemmour n'en est pas à son premier fait d'arme et qu'il a déjà été condamné par la justice pénale pour «incitation à la discrimination raciale» ; l'hypocrisie de ceux (les hommes politiques, mais aussi les médias en général et ses employeurs en particulier : Le Figaro, Paris Première et RTL) qui, invoquant la liberté d'expression, considèrent que l'hypothèse d'une déportation des musulmans et ses thèses racialistes relèvent du débat d'idées… A croire que les frontières de la liberté d'expression varient en fonction de l'objet et du sujet. Le "deux poids - deux mesures" et la malhonnêteté intellectuelle sont ici particulièrement frappants. Les musulmans et les Roms en savent quelque chose.
Dans ce bal des hypocrites, Zemmour n’est qu’un symptôme de la «maladie obsessionnelle» qui frappe notre société. La fièvre qui agite tout débat public autour de l’islam et des musulmans n’est pas le fait du seul polémiste. Elle s’inscrit dans un mouvement idéologiqu




