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Interview

Pap Ndiaye «Des formes de résistance s’organisent et fabriquent de l’air frais»

L’historien, professeur à Sciences-Po, invite à sortir du cadre des histoires nationales pour s’intéresser aux échanges, aux connexions.

Publié le 16/10/2015 à 20h06

«J’ai rarement connu pareil moment en France, aussi oppressant, avec parfois le sentiment d’être étranger chez moi : "En mon pays je suis en terre lointaine." La société française est travaillée depuis longtemps par les discours de repli haineux de l’extrême droite, mais c’est aussi au sein de la société que des formes de résistance s’organisent et fabriquent de l’air frais.

«Reprendre sa respiration ? En s’intéressant aux multiples initiatives locales, associatives, en soutenant les réfugiés et les migrants en général, et surtout en voyageant pour respirer l’air du grand large. Loin de la France, les Zemmour, Finkielkraut et Morano reprennent leur juste proportion. Comme beaucoup d’autres historiens, je suis sorti du cadre des histoires nationales pour m’intéresser aux échanges, aux connexions. Le courant réactionnaire, tout à ses obsessions racialistes de frontières bouclées à double tour pour protéger la "race blanche", est incapable de penser la France dans le monde. Vu de France, l’antiracisme est sur la défensive face à ceux qui considèrent qu’il est plus nocif que le racisme, mais il n’est pas mort, loin de là ! Vu d’ailleurs, il est même en train de se réinventer.»

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