«Le monde intellectuel universitaire a peu d’armes : l’écriture et l’enseignement. Sur ces deux fronts, je crois que nous sommes très nombreux à être très actifs et à tenter d’être innovants. C’est à nos étudiant(e)s, qui sont nos meilleurs relais, que nous parlons en premier lieu. C’est ensuite au monde académique. Et, pour qui veut bien y venir, les séminaires de nos centres de recherche ont une programmation riche, exigeante et diverse.
«Une vulgate anti-droit-de-l'hommiste prospère et instrumentalise le droit de façon permanente. Une de nos responsabilités d'universitaires est la vigilance : intervenir pour souligner les usurpations d'autorité. Le débat intellectuel français voit depuis plusieurs années converger de manière improbable un héritage marxiste et des courants de pensée clairement conservateurs autour d'une dénonciation des excès de l'individualisme, de la transformation fantasmée de tous les désirs individuels en "droits" et de la nécessité impérieuse de l'instauration de limites sous la forme d'un rappel à la loi. Le débat sur la laïcité est emblématique de ce backlash anti-droits de l'homme. Souligner que la liberté des étudiant(e)s de manifester leur appartenance religieuse à l'université n'est pas une "exception" au principe de laïcité mais au contraire le principe lui-même. Dénoncer l'instrumentalisation politique des menus de substitution dans les cantines, rappeler que la laïcité inclut la liberté religieuse plutôt qu'elle ne s'y oppose : autant de répliques à répéter face aux affirmations contraires.»
Co-auteure de «l’Affaire baby-Loup ou la nouvelle laïcité», éd. L.G.D.J.




