Blasphème contre liberté d'expression, vision religieuse du monde contre vision laïque. Le 7 Janvier a aggravé un «schisme latent», pour reprendre le mot de l'anthropologue américaine Saba Mahmood. Engagé en France, dès 2006, avec la publication des caricatures de Mahomet dans Charlie, le désaccord semble être devenu irréconciliable. De nombreux livres parus ces jours-ci reviennent sur cette confrontation. Le blasphème est de retour, avec un nouveau visage, écrit la juriste Anastasia Colosimo. Quand, en 1989, la fatwa de Khomeiny enjoint les musulmans de tuer Rushdie, le vieux blasphème change de dimension. «Ce passage de la condamnation traditionnelle du blasphème sur un territoire déterminé, par un pouvoir défini et pour un temps donné, à une condamnation du blasphème hors de toute frontière constitue la clé de la globalisation du blasphème», écrit-elle. Cette mondialisation impose à des démocraties acquises à la laïcité depuis longtemps de faire face à un débat qu'elles pensaient clos et de repenser la place accordée aux croyances.
Blasphème à hauts risques
ParSonya Faure
Publié le 18/01/2016 à 18h11
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