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Le portrait

Charline Vanhoenacker: Billet en tête

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Stakhanoviste et indépendante, la journaliste belge défend l’humour comme «lubrifiant du débat» pour aborder la politique.

Charline Vanhoenacker à Paris, le 29 janvier 2016. (Photo Manuel Braun)
Publié le 08/03/2016 à 17h11

Dans la Maison Ronde, une porte rouge, décorée de stickers, indique «Classe de Madame Charline». On se trouve devant l’ancien bureau de Daniel Mermet, longtemps dépositaire de la tranche 17-18 heures de France Inter, et, pour certains nostalgiques, d’une certaine idée de la gauche sur les ondes publiques. Sur la petite plaque en métal, on peut encore lire : «Là-bas, si j’y suis… plus» - le «plus» inscrit au feutre indélébile. «Ah ça, c’est pas nous qui l’avons ajouté !» jure dans un grand sourire Charline Vanhoenacker. Quasi-quadra à laquelle l’on ne donnerait pas la trentaine, la journaliste belge apparaît devant nous telle que sur les affiches des stations de métro : chemise à carreaux, blue-jean, mèches blondes coincées derrière l’oreille et affabilité imparable.

L'ex-pigiste débrouillarde est devenue l'une des têtes de gondole de la radio publique : soit un visage «féminin», incarnant «une génération nouvelle». C'était un pari, et Charline Vanhoenacker n'a pas déçu. En deux ans, elle a ressuscité le billet d'humeur de 7 h 57, créneau le plus exposé de la Matinale, et a hissé son émission de l'après-midi, Si tu écoutes, j'annule tout, au-dessus du million d'auditeurs, tout en rajeunissant sa cible. Au prix d'un rythme de vie de moine soldat délirant : arrivée à 7 heures du matin en studio, chronique en direct, préparation de l'émission du jour, enregistrement à 17 heures, puis écriture du papier du lendemain.

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