Dans la Maison Ronde, une porte rouge, décorée de stickers, indique «Classe de Madame Charline». On se trouve devant l’ancien bureau de Daniel Mermet, longtemps dépositaire de la tranche 17-18 heures de France Inter, et, pour certains nostalgiques, d’une certaine idée de la gauche sur les ondes publiques. Sur la petite plaque en métal, on peut encore lire : «Là-bas, si j’y suis… plus» - le «plus» inscrit au feutre indélébile. «Ah ça, c’est pas nous qui l’avons ajouté !» jure dans un grand sourire Charline Vanhoenacker. Quasi-quadra à laquelle l’on ne donnerait pas la trentaine, la journaliste belge apparaît devant nous telle que sur les affiches des stations de métro : chemise à carreaux, blue-jean, mèches blondes coincées derrière l’oreille et affabilité imparable.
L'ex-pigiste débrouillarde est devenue l'une des têtes de gondole de la radio publique : soit un visage «féminin», incarnant «une génération nouvelle». C'était un pari, et Charline Vanhoenacker n'a pas déçu. En deux ans, elle a ressuscité le billet d'humeur de 7 h 57, créneau le plus exposé de la Matinale, et a hissé son émission de l'après-midi, Si tu écoutes, j'annule tout, au-dessus du million d'auditeurs, tout en rajeunissant sa cible. Au prix d'un rythme de vie de moine soldat délirant : arrivée à 7 heures du matin en studio, chronique en direct, préparation de l'émission du jour, enregistrement à 17 heures, puis écriture du papier du lendemain.




