La semaine dernière, Libération a consacré un dossier aux «Visages contestés de l'antiracisme». Depuis une dizaine d'années, une nouvelle génération de militants, souvent issus de la deuxième génération d'immigrés, a émergé. Leur point commun ? Ne plus croire aux promesses de l'antiracisme traditionnel, «universaliste» - et plutôt blanc. Car l'antiracisme de papa - du «Touche pas à mon pote» des années 80 à la Ligue des droits de l'homme - n'a pas endigué la haine. L'année dernière encore, les actes et menaces racistes ont augmenté de 22 % par rapport à 2014, selon le ministère de l'Intérieur. Pour certains, il s'agit de concentrer leur lutte contre les discriminations visant tel ou tel groupe de la population - c'est le cas de la Brigade antinégrophobie ou du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). Une dangereuse dérive «communautariste» pour leurs détracteurs. «Si les juifs défendent les juifs, les Noirs les Noirs, les musulmans les musulmans, qui défendra les principes communs ?» se demandait Laurent Joffrin dans son édito. Le dossier a fait débat, que nous prolongeons ici.
Retrouvez nos tribunes
Ensemble plutôt que concurrents, par Valentine Zuber, historienne
Un universalisme en acte, par Michel Agier, anthropologue
Communautariste toi-même !, par Julien Talpin, chercheur en sciences politiques
La supercherie antiraciste par Alain Jakubowicz, président de la Licra
#LibeRacisme, tout est pardonné ?, la chronique de Luc Le Vaillant




