Les mots sont importants, personne ne le niera. Mais que faire quand ils prennent toute la place et rendent toute discussion impossible ? Avec l’expression, bien française, d’«islamo-gauchisme», des intellectuels cherchaient à pointer l’alliance, qu’ils considèrent dangereuse, entre une partie de la gauche et les milieux musulmans. Le concept d’«islamophobie» voulait quant à lui alerter sur une nouvelle forme de racisme. Cette fois, c’est en France qu’on s’est cabré devant un mot qui n’a pas suscité tant d’opprobre à l’étranger. Les deux termes voulaient dire des phénomènes complexes. Mais les polémiques qu’ils provoquent, ou dont ils sont l’objet, les ont transformés en mots-écrans : derrière les phrases chocs et les exégèses sans fin, on ne parle finalement plus de ce qu’ils étaient censés révéler.
Débat
«Islamo-gauchisme» et «islamophobie» : des mots-écrans qui rendent à cran
C’était le 2 avril dans le Monde, dans la bouche d’Elisabeth Badinter : «Etre traité d’islamophobe est un opprobre, une arme que les islamo-gauchistes ont offerte aux extrémistes.» Aux accusations d’islamophobie répond ainsi le procès en islamo-gauchisme - les deux termes vont souvent de pair dans les débats.
En 2004, le mot sera utilisé à l'envi par les tenants de la loi interdisant les signes religieux à l'école. (Christophe Maout)
ParSonya Faure
Publié le 21/04/2016 à 19h51
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