«C'était la promesse du camp du leave : la Grande-Bretagne envoie 350 millions de livres par semaine à l'UE, une somme qu'il vaudrait mieux affecter au moribond NHS, le service public de la santé britannique. Oui mais voilà, dès le lendemain du référendum, le patron de l'Ukip, Nigel Farage, un des leaders emblématiques du leave, revenait, gêné, sur ce chiffre qui a marqué les esprits. Le fact-checking semble ne pas fonctionner parce que les articles de presse servent souvent à conforter une position ou une autre. Et s'ils ne collent pas à ce que l'on pense, il suffit d'aller chercher une autre vérité ailleurs. Tout existe sur Internet : la vérité, sa contre-vérité et toutes les nuances. Pour les journalistes, la plus grande difficulté n'est pas d'avancer une vérité, mais d'arriver à imposer leur vérité comme la vérité. En ce sens, les victoires du leave au référendum britannique et de Donald Trump aux primaires républicaines, deux campagnes marquées par un grand nombre de contre-vérités, toutes démontées dans la presse, révèlent leur terrible impuissance.»
Tribune
Le Brexit, ou l’impuissance du fact-checking
ParVincent Glad
Publié le 06/07/2016 à 17h11
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