A partir de 2017, les salariés auront un nouveau droit : la déconnexion. Prévu par la très contestée loi Travail, il sera le fruit d’un accord d’entreprise ou fera l’objet d’une charte. Idéalement, ce sera un droit cousu main, du sur-mesure. Le droit à la déconnexion… Ce qui revient à dire qu’on a le droit de ne pas travailler en dehors des heures de travail. Qu’être en repos, c’est ne pas travailler. La nécessité de le dire lève le voile sur une forme de servitude volontaire. Car peut-on vraiment ne pas répondre à l’appel, au mail, au sms qui tombe la nuit, pendant les vacances ? Pas si sûr. Rompre avec le Web, l’ignorer ? Cet absolu qui lie tout, enregistre tout, est devenu la réalité sociale. Ainsi, ne pas répondre est inhumain, démontre le philosophe Maurizio Ferraris. Seuls les dieux ou les bêtes le peuvent. Ces êtres qui peuvent se passer de la société. L’homme est un animal politique, dépendant d’autrui, dépendant de la technique. L’homme est cet animal soumis à sa pulsion de décrocher. Alors peut-être valait-il mieux que la loi crée, plutôt qu’un droit de se déconnecter pour les salariés, un devoir pour l’employeur de ne pas déranger…
Tribunes
Etre connecté ou ne pas être ?
(Photo Olivia Fremineau)
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Publié le 04/09/2016 à 17h51
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