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Films, livres… : que reste-t-il du «32 mars» ?

Depuis la fin du mouvement, quelques documentaires et ouvrages auscultent un événement inédit.

Publié le 16/10/2017 à 17h06

De rares films, davantage d’ouvrages, se sont penchés sur Nuit debout, apparu le 31 mars 2016 place de la République à Paris avant d’essaimer dans une soixantaine de lieux en France. Certains veulent en garder trace, d’autres tentent de mieux cerner un mouvement inédit, tantôt magnifié ou dénigré. Beaucoup sont le fait de militants ou d’auteurs ne cachant pas leur enthousiasme pour le mouvement.

Le matériau n'est pas facile. «Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce la révolution ? On ne savait pas. Les "acteurs" changeaient tous les jours. […]. On avançait en même temps que le mouvement social progressait», racontent les journalistes Sylvain Louvet et Aude Favre (1), dont le documentaire Nuit debout ! a été diffusé sur France 5 le 17 janvier. Comment rendre la polyphonie de Nuit debout sans que le film ou le livre tourne à la cacophonie ? Si Mariana Otero, réalisatrice du passionnant l'Assemblée, en salles mercredi, opte pour un film choral (lire ci-contre), Sylvain Louvet et Aude Favre suivent les militants Gérard et Rémi, ou des figures médiatiques, comme Frédéric Lordon ou François Ruffin.

Côté livre, un collectif a porté la voix des nuitdeboutistes dans #32Mars (éditions du Cherche Midi, mars 2017) : «Nous exigeons que la politique nous soit rendue, que de nouvelles pratiques viennent nous redonner voix.» Des manifestes et des témoignages ont été rassemblés par Patrick Farbiaz, cadre d'Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) et nuitdeboutiste (Nuit debout. Les textes - éditions les Petits Matins, 2016.) Que ce soit dans l'ouvrage collectif Nuit debout et maintenant ? Médias et (im)médiations (MKF Editions) ou dans la revue les Temps modernes (Nuit debout et notre monde) de novembre-décembre 2016, n° 691, ou dans la réflexion «à chaud» de Gaël Brustier (#Nuit debout. Que penser ?, éditions du Cerf, 2016), des chercheurs en sciences sociales ont tour à tour livré leur regard sur le mouvement. Exercice de résistance ouvrage dans lequel Luce Faber (éditions Excès, 2016), relit la Déclaration des droits de l'homme de 1793 à l'aune de Nuit debout. Dans Faites place. Novices en lutte (chez Textuel), le politiste Sélim Smaoui concentre sa réflexion sur l'engagement des primo-militants tandis que le journaliste Benjamin Sourice replace Nuit debout dans le mouvement plus général d'occupation des places de l'Espagne à la Grèce (la Démocratie des places aux éditions Charles Léopold Mayer). Enfin, le photographe Francis Azevedo a publié Nuit Debout. Lumières d'une longue nuit de mars (MKF Editions).

(1) Interview disponible sur la «Gazette debout», carnet de route du mouvement, qui continue à défricher les mouvements sociaux.

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