Le journal le Times le surnomma le «Platon noir». Historien autodidacte, marxiste, grand amateur de cricket et de Byron, figure du panafricanisme, C.L.R. James (1901-1989) reste méconnu en France. Pour la première fois, son Histoire des révoltes panafricaines, écrite en 1938 et revue en 1969, est traduite, aux Editions Amsterdam. De la révolution des esclaves de Saint-Domingue en 1791 (auxquels il avait déjà consacré son livre le plus fameux, les Jacobins noirs) à la Tanzanie des années 60, de la révolte d'une tribu hottentote à Marcus Garvey : «Le Noir n'a rien de l'animal, il se révolte sans cesse», écrit C.L.R. James. Avant d'enfoncer le clou : «Le seul lieu où les Noirs ne se sont pas révoltés, c'est dans les pages écrites par les historiens capitalistes.» James retrace alors une contre-histoire édifiante, avec ses grands hommes tel Toussaint Louverture - ce qui rend parfois le livre un peu daté. Mais en réconciliant révoltes noires et blanches dans un même récit de l'émancipation, en montrant ce que la Révolution française doit à celle d'Haïti, ce que l'universalisme doit aux insurrections noires, il offre une nouvelle lecture, débarrassée de sa binarité, aux études postcoloniales.
Critique
«Le noir se révolte sans cesse»
ParSonya Faure
Publié le 04/07/2018 à 17h06
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