La nuit, tous les chats sont gris ? Pas sûr : non contente d’artificialiser les territoires, l’urbanisation les a aussi illuminés. A grands coups de lampadaires, enseignes et autres écrans on y voit comme en plein jour. Si l’éclairage sécurise, il produit aussi toute une série de problèmes que l’on commence à peine à mesurer. La lumière perturbe la faune et la flore, empêche les humains d’observer l’espace, et nuit à leur sommeil. A quelques jours de Noël, faut-il casser les ampoules et bannir les guirlandes ? Pas forcément, répond le géographe Samuel Challéat, qui parcourt dans
Sauver la nuit
(Premier Parallèle) les territoires obscurs pour en montrer les richesses. Tout en alertant sur les risques de la pollution lumineuse, le chercheur appelle à reconnaître les besoins d’obscurité des humains, des animaux et des végétaux, et à les satisfaire en dosant mieux la lumière dans chaque territoire. En ce week-end de solstice d’hiver, il invite aussi à ne pas oublier la beauté du ciel nocturne.
Est-il facile d’appeler à lutter contre la pollution lumineuse, qui est peut-être la nuisance la plus esthétique qui soit ?
Notre empreinte lumineuse peut en effet être belle, et nous accordons une grande valeur sociale à la lumière : pensez à Noël… Je me souviens aussi des très belles pages de Saint-Exupéry au début de Vol de nuit où il décrit les lumières des fermes qui défilent sous son avion, imaginant derrière chaque fenêtre allumée quelqu'un qui s'affaire. Il rappelle que la lumière est un marqueur de l'activité humaine : tout l'enjeu est de définir à quel moment on éclaire avec la nuit, s




