Menu
Libération
Chronique «Si j'ai bien compris»

«Floutez-moi ce déconfinement»

Réservé aux abonnés

Il n’y a pas que les politiques qui font parfois ce qu’ils ne devraient pas. La politique serait beaucoup plus simple s’il se révélait malsain de la critiquer.

Publié le 27/11/2020 à 17h41

Si j’ai bien compris, s’il y en a un qui a hâte d’être déconfiné dans les grandes largeurs, c’est Nicolas Sarkozy. Au demeurant, on se félicite que cette fois-ci, dans la compréhensible ambition de laisser au peuple de quoi se distraire en télétravaillant, il n’y ait pas seulement du sport à la télévision mais aussi des procès dans les tribunaux. A peine Jonathann Daval, après avoir été la célébrité de la semaine, s’est-il engouffré dans ses vingt-cinq ans de prison (on a le sentiment que, si le honteux laxisme des législateurs ne l’avait pas limité, l’avocat général aurait requis un écartèlement public retransmis en direct avec le son), c’est au tour de l’ancien président de bénéficier des spots de la justice dans l’intérêt général qui pourrait aussi être personnel (risquer plus pour gagner, ou perdre, plus). Un procès suspendu, c’est une sorte de scandale égalant un match reporté : à croire que la santé des sportifs et la recherche de la vérité judiciaire passent avant les besoins du public. L’ambition de Nicolas Sarkozy est de ne plus être entravé par ses procès pour pouvoir à nouveau régner en toute légitimité sur Les Républicains et, qui sait, la France. Lui avait su reconnaître sa défaite électorale dans l’instant et a ensuite fait preuve - dans le champ politique non-bismuthien - d’une dignité que ne manifestent pas toujours les anciens présidents. Un non-lieu judiciaire, c’est tout ce qu’il veut pour sortir du non-lieu politique où il est actuellement. Faiseur d

Dans la même rubrique