Parmi les mille problèmes soulevés par la pandémie de coronavirus, en voilà un qu’on avait peut-être sous-estimé : la pagaille territoriale à la française. L’Etat en a-t-il fait assez pour les vaccins ? Régions et villes peuvent-elles sécuriser des stocks de masques sans que leur compétition tourne à la foire d’empoigne ? Voilà qui interroge la répartition des pouvoirs de l’Etat aux communes en passant par les régions, les départements ou les intercommunalités.
Alors qu'un nouveau projet de loi de décentralisation, baptisé «4D» doit être prochainement examiné en Conseil des ministres, le think tank Terra Nova vient de publier un rapport intitulé «Après la décentralisation : 15 propositions pour refonder l'action publique territoriale». Plutôt que d'appeler, comme souvent, à la suppression de l'une des couches du célèbre «millefeuille territorial», les chercheurs Daniel Behar et Aurélien Delpirou appellent à arrêter de répartir les compétences par niveau territorial pour mieux coordonner l'action de ces différents échelons. L'Etat, de son côté, doit arrêter de s'impliquer directement dans une multitude de projets locaux. De quoi permettre une meilleure et une plus grande réactivité en cas de crise ? C'est notamment ce qu'espère le géographe Daniel Behar, professeur à l'Ecole d'urbanisme de Paris et coauteur de ce rapport.
Votre rapport arrive au moment où de nombreux maires créent des centres de vaccination et regrettent la lenteur de l’Etat. Comment interpréter ces relations houleuses ?
Ce n’est pas seulement l’Etat qui est en ca




