Une explosion assourdissante et un symbole du patrimoine industriel qui s’effondre. Le 10 février 2008, Kodak rase l’un des principaux bâtiments de son immense usine installée depuis les années 60 aux portes de Chalon-sur-Saône. «C’était un choc. A l’époque, on était 2 200 employés sur le site, c’était le plus gros employeur de la région Bourgogne et l’usine faisait vivre à peu près 6 000 foyers dans la région avec les prestataires extérieurs, etc...», se souvient Martine Garnier. Depuis son petit bureau installé dans les locaux de Grand Chalon, l’ancienne de chez Kodak, désormais directrice du développement économique de la communauté d’agglomération, déroule l’histoire de cette zone sinistrée devenue l’image d’une réindustrialisation réussie.
Lors de l’annonce de la fermeture de l’usine, en 2005, «les Américains ont voulu appliquer leurs méthodes habituelles : on ferme, on licencie, on détruit les bâtiments et on vend le terrain. Mais l’Etat a dit “non, ça ne se passe pas comme ça”», se souvient-elle. Un «contrat de site» (un dispositif visant à organiser la réindustrialisation d’un territoire touché par une fermeture d’usine) est signé entre l’Etat, la région et Kodak pour un montant de 164 millions d’euros.
Martine Garnier quitte son poste de




