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Aides publiques aux entreprises : la lèse-naïveté de l’Etat stratège

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Historiquement généreuse en matière de soutien financier au monde économique, la France l’est devenue encore davantage à l’occasion de la crise sanitaire. Des voix se lèvent pour réclamer une plus grande conditionnalité de ces largesses financières. Le gouvernement entend, mais répond a minima.

Les ministres Elisabeth Borne (Travail) et Agnès Pannier-Runacher (Industrie), avec l'intersyndicale et la direction de Bridgestone, à Béthune, le 21 septembre. (Stéphane Dubromel/Hans Lucas pour Libération)
Publié le 30/03/2021 à 23h02

«La France est droguée à la dépense publique.» Le diagnostic, cinglant, a été établi un jour de juin 2017 par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Et il avait raison, au moins concernant un certain type de dépenses : celles à destination des entreprises. En novembre 2020, France Stratégie dénombrait ainsi quelque 600 dispositifs mis en place par l’Etat, sans compter ceux des collectivités territoriales, pour soutenir les sociétés françaises. Selon les estimations de cet organisme rattaché à Matignon, ces aides représentaient, en 2019, de 139 milliards à 223 milliards d’euros, soit 5,7 % à 9,2 % du PIB. Ce qui placerait la France nettement au-dessus de la moyenne européenne, selon Eurostat.

Loin d’avoir incité le gouvernement à inverser la tendance, la crise du Covid-19 l’a encouragé à aller plus loin. Et si nul ne conteste que certaines mesures d’urgence s’imposaient, telle la prise en charge quasi intégrale du chômage partiel (près de 30 milliards d’euros l’an passé) ou le fonds de solidarité à destination des entreprises paralysées par les mesures sanitaires (4,5 milliards d’euros par mois), la manière dont ces aides sont distribuées, tout comme le «plan de relance» à 100 milliards d’euros présenté à la rentrée 2020, n’ont pas fini de susciter les critiques. «Le “quoi qu’il en coûte”, on ne sait pas à qui

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