Un accord de principe trouvé la nuit précédente, et un communiqué pour l’officialiser ce dimanche 30 juin. Le géant informatique français a annoncé être parvenu à un deal avec ses créanciers et un groupe de banques sur «les principaux termes d’un plan de restructuration financière». Ils vont reprendre eux-mêmes la dette colossale de 4,8 milliards d’euros de l’entreprise, qui lutte pour sa survie. Le communiqué précise que «l’accord prévoit par ailleurs la préservation de l’ensemble du périmètre du groupe, sous réserve de la finalisation des discussions en cours». L’épilogue d’un feuilleton aux airs de descente aux enfers ?
Selon le communiqué, le capital d’Atos doit être augmenté de 233 millions d’euros. L’accord comprend également un apport de 1,5 à 1,675 milliard d’euros de nouveaux financements et une réduction de la dette de 3,1 milliards d’euros. Cette annonce, faite par la direction d’Atos, renforce l’espoir d’une sortie de crise pour le groupe, pilier technologique des Jeux de Paris cet été et comptant quelque 100 000 salariés dans 69 pays, mais plongé dans le chaos ces derniers mois.
Enquête
Les derniers jours ont été particulièrement mouvementés pour l’entreprise. Jusqu’à ce mercredi, l’homme d’affaires français David Layani devait sauver Atos en devenant son patron, mais en deux jours, tout a changé. Son entreprise Onepoint - premier actionnaire d’Atos - a jeté l’éponge devant l’ampleur du défi financier. Son offre de reprise avait pourtant été choisie par le conseil d’administration d’Atos, mi-juin. Mais voilà, Onepoint a annoncé vouloir sortir du capital du groupe informatique et renoncer à le reprendre, David Layani démissionnant du conseil d’administration.
Dans la foulée, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky (par ailleurs principal créancier de Libération), qui tourne autour d’Atos depuis près de deux ans, mais s’est fait éconduire à chaque fois, a envoyé un courrier au conseil d’administration d’Atos. Il y réitérait son «intérêt continu pour un investissement dans Atos» et se déclarait «prêt à soumettre une offre révisée» pour mener à bien la restructuration financière du groupe en difficulté. La direction d’Atos, visiblement frileuse devant l’offre du milliardaire, semblait alors vouloir encore jouer la montre en indiquant avoir reçu de la part de ses créanciers et de certaines banques «une proposition globale de restructuration financière révisée» pour «satisfaire la demande de liquidité à court et moyen terme du groupe».
Il en résulte cet accord, officialisé ce dimanche. Il doit permettre au groupe de sortir de l’ornière financière, d’obtenir «d’ici 2026» une notation de crédit «BB» et lui garantir «un montant minimal de liquidités de 1,1 milliard d’euros» jusqu’au 31 décembre 2026. Banques et détenteurs d’obligations deviendront alors les actionnaires majoritaires du groupe : ils détiendront jusqu’à 99,9 % du capital - l’augmentation de capital est toutefois ouverte aux actionnaires actuels, qui ne souhaiteraient pas voir leur participation diluée, et pourraient, s’ils contribuent, s’assurer au maximum 25,9 % du capital.
«Les opérations de restructuration seront ensuite mises en œuvre au cours du second semestre 2024 en vue d’une réalisation effective d’ici la fin de l’année 2024 ou au cours du premier trimestre 2025», précise le groupe, qui espère désormais aller très vite pour lancer les opérations dès début juillet, avant les Jeux olympiques.




