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Biogaran, numéro un français des médicaments génériques, passe sous pavillon franco-britannique

Après plusieurs années de débats, le laboratoire Servier a obtenu, ce vendredi, l’autorisation de céder sa filiale au fonds d’investissement BC Partners aux côtés de Bpifrance. Les acquéreurs ont assuré qu’ils veilleraient à préserver la souveraineté sanitaire française.

Le montant exact de la transaction reste inconnu, mais a été estimé entre 800 millions et un milliard d'euros. (Jean-Marc Barrere/Hans Lucas)
Publié le 30/01/2026 à 17h52, mis à jour le 30/01/2026 à 18h58

Le rachat de Biogaran, qui représente 30 % des ventes de génériques en pharmacie en France, par le fonds d’investissement BC Partners aux côtés de Bpifrance (Banque publique d’investissements) comme actionnaire minoritaire, a été finalisé auprès du laboratoire pharmaceutique Servier, sa maison mère, ont annoncé ce vendredi 30 janvier les parties prenantes.

L’opération, dont le montant n’a pas été précisé mais qui avait été estimé dans une fourchette comprise entre 800 millions d’euros et un milliard, a été actée après l’obtention des autorisations européennes ainsi que celle relevant du «contrôle des investissements étrangers en France délivrée par l’État français», souligne le communiqué.

Signe du caractère stratégique de la transaction, BC Partners a garanti auprès des autorités françaises «le maintien du siège et des activités en France, la sauvegarde des emplois, la préservation du modèle de sous-traitance de l’entreprise, ainsi que la continuité industrielle, logistique et commerciale». Aux côtés du fonds d’investissement, Bpifrance, actionnaire à hauteur de 15 % du capital de Biogaran, veillera «à la pérennité de son développement à long terme tout en préservant son ancrage français», a assuré dans le communiqué Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque détenue par l’État français et la Caisse des Dépôts.

Des craintes pour la souveraineté sanitaire

Parmi les garanties demandées par le ministère de l’Economie aux acquéreurs, une attention particulière a été portée aux médicaments dits «critiques», notamment des antibiotiques et anticancéreux, dont l’approvisionnement est prioritaire. Des conditions strictes ont été imposées «sur près de 700 références», assure Bercy, avec «une gradation des demandes formulées à l’acquéreur en fonction de la sensibilité des produits».

L’annonce vient clore un long feuilleton industriel et politique. Les rumeurs de cession avaient circulé dès la fin 2023. Elles avaient rapidement suscité de vives réactions au sein de la classe politique, qui pointait le risque d’une délocalisation et d’une perte de souveraineté sanitaire en cas de rachat par un investisseur étranger.

Dans un contexte de pénuries récurrentes de médicaments et d’efforts de relocalisation des molécules essentielles, ces craintes avaient donné lieu à une série d’appels à la vigilance et conduit à bloquer la vente à des laboratoires indiens potentiellement intéressés. Face à ces vives préoccupations, Servier avait mis en pause le projet de cession à l’automne 2024 avant de le relancer à l’été 2025 en annonçant des négociations exclusives avec BC Partners.

Créée par Servier il y a 30 ans, Biogaran a réalisé un chiffre d’affaires de 1,26 milliard d’euros sur son exercice 2024-2025. L’entreprise s’appuie sur une quarantaine de sous-traitants. Son catalogue comprend environ un millier de références de traitements pour des pathologies allant de celles du quotidien à celles les plus lourdes - des antibiotiques aux antidiabétiques et anticancéreux.

Mise à jour à 18 h 45 avec des précisions sur les médicaments critiques.
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