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Bourse de Paris : le CAC termine l’année en hausse de 10 %, mais loin derrière ses voisins européens

Après avoir légèrement reculé l’an dernier et en dépit des incertitudes politiques, la place parisienne clôt 2025 largement dans le vert, avec plusieurs records au compteur.

Dans les locaux d'Euronext à La Défense le 7 avril 2025. (Thomas Samson/AFP)
Publié le 31/12/2025 à 16h22

Malgré le chamboule-tout ministériel et l’interminable feuilleton budgétaire, l’indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40, a bouclé 2025 en nette hausse de 10,42 %, ce mercredi 31 décembre.

L’indice phare de la Bourse de Paris a gagné 10,42 % environ sur l’année à 8 149,50 points, après avoir reculé de 2,15 % en 2024. Il a même inscrit de nouveaux records, en séance le 13 novembre, à 8 314,23 points, et à la clôture le 21 octobre à 8 258,86 points.

«Le principal enseignement de 2025 est que le CAC 40 a terminé l’année en légère hausse, souligne Daniela Hathorn, analyste marchés pour Capital.com, mais avec une performance nettement inférieure à celle des autres grands indices européens».

L’indice Dax de la Bourse de Francfort a progressé de 23,01 % sur l’ensemble de l’année et le FTSE 100 à Londres, de 21,51 %, sa meilleure performance annuelle depuis 2009. Milan (+ 31,47 %) et Madrid (+ 49,27 %) affichent des gains jusqu’à cinq fois supérieurs à ceux de la place parisienne.

«Bien que le CAC ait atteint des records à plusieurs reprises au cours de l’année, ces sommets ont été largement portés […] par la revalorisation générale des marchés, plutôt que par des facteurs spécifiquement français», analyse Daniela Hathorn. Les records du CAC 40 sont donc «portés par une poignée de champions mondiaux plutôt que par une participation large de l’ensemble du marché», estime Stephen Innes, analyste à SPI AM.

Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, le CAC 40 souffre d’un climat d’instabilité politique prolongé, alimentant la défiance des investisseurs. Tout au long de l’année 2025, la Bourse de Paris est restée sous pression et le coût de la dette française s’est renchéri, avec la démission du Premier ministre François Bayrou puis celle, surprise, de Sébastien Lecornu, fraîchement nommé, puis confirmé à son poste mais ne parvenant pas à faire voter le projet de budget de l’Etat à temps au Parlement.

«La phase la plus aiguë de l’incertitude est désormais passée et les marchés se montrent plus confiants quant à la stabilité institutionnelle de la France», concède toutefois Daniela Hathorn. Mais pour Stephen Innes, «l’anxiété des investisseurs n’a pas disparu». Concrètement, «le marché ne sursaute plus à chaque titre de presse, mais il reste réticent à payer plus cher tant que la visibilité budgétaire ne s’améliore pas».

Dépendance au luxe

Le retard du CAC 40 s’explique aussi par sa composition sectorielle. «L’indice est fortement pondéré en valeurs du luxe, industrielles et énergétiques, et 2025 n’a pas été une année favorable» pour ces secteurs, explique Daniela Hathorn, citant le «ralentissement de la demande chinoise» et «l’évolution des habitudes de consommation mondiales», notamment dans le secteur automobile.

La première capitalisation française, LVMH, a grappillé un peu plus de 1 % sur l’année, tandis qu’Hermès a reculé de plus de 8 %. Parmi les poids lourds du luxe, seul Kering s’est distingué, avec une progression de plus de 26 % depuis janvier. Le secteur automobile a également souffert de la concurrence chinoise : Renault a chuté de 24 % et Stellantis de 25 %.

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