Dernière chance pour sauver Brandt. Le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin a fait appel ce mardi 2 décembre aux banques et investisseurs pour financer le projet de reprise en société coopérative (Scop) du groupe d’électroménager, à la veille d’une audience décisive. Mercredi, le tribunal des affaires économiques de Nanterre examinera les offres de reprise potentielles du groupe Brandt. «S’il y a des gens qui veulent sauver l’industrie française, il y a encore 24 heures pour le faire et d’être un peu patriote, ça ne fera pas de mal.»
Suite à l’annonce lundi du soutien de l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros, les contributions de la métropole et la région Centre-Val de Loire ont suivi, équivalentes ou presque à celles de l’Etat, «donc on est déjà à peu près à 15 millions d’euros mobilisés», a précisé Sébastien Martin ce mardi matin au micro de RMC, avant de lancer un appel aux banques pour «qu’elles jouent le jeu». Qu’elles «fassent un peu transpirer leurs règlements parce que je sais qu’en 24 heures, c’est pas facile de prendre des engagements pour accompagner un projet». «Mais derrière, il y a quand même une entreprise qui représente 700 salariés» et «surtout, il y a des savoir-faire».
Sauver 300 emplois
Selon Cyril Aubert, secrétaire CFTC du comité central social et économique de l’entreprise, près de 20 millions d’euros sont nécessaires pour relancer l’activité de Brandt, qui ne pourra plus payer les salaires après le 15 décembre.
Le projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, spécialisé de la reprise d’entreprises, permettrait de sauver 300 emplois, sur les près de 700 que compte le groupe Brandt en France, d’après Sébastien Martin. Parmi les autres projets déposés, aucun ne propose de sauver les deux usines du groupe Brandt, situées près d’Orléans, dans le Loiret, et à Vendôme, dans le Loir-et-Cher, d’après plusieurs sources dont des élus locaux.
Reportage
Depuis le placement de Brandt en redressement judiciaire, l’avenir de l’entreprise, qui appartient depuis 2014 au groupe algérien Cevital et réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires, est plus qu’incertain. Sa production est presque à l’arrêt.
Des difficultés à l’image de celles du secteur du gros électroménager, qui vit des temps difficiles. Affecté par la crise persistante de l’immobilier, il a connu l’an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9 %), après une baisse déjà en 2023.




