Cette année, pendant la grand-messe annuelle de présentation à la presse du projet de loi de finances (PLF) et de celui de financement de la sécurité sociale (PLFSS), les deux nouveaux ministres de Bercy n’ont glissé dans leurs discours aucune citation d’écrivain. Avoir rompu avec l’habitude de leur prédécesseur, Bruno Le Maire, ne les a pas empêchés de jouer avec les mots. Laurent Saint-Martin, le ministre du Budget et des Comptes publics, a ainsi assuré que l’effort de 60 milliards d’euros que le gouvernement a choisi d’inscrire dans ces textes était «loin de la cure d’austérité». Il s’agirait plutôt d’un «freinage massif de la dépense publique». Promis, juré, ils ne redresseront «pas les comptes en cassant la croissance».
Pourtant, les chiffres que le gouvernement affiche dans ce budget qu’il annonce «de responsabilité, de sérieux et d’ambition» auront nécessairement un effet de ralentissement sur l’activité économique, comme l’ont déjà souligné l’Insee et nombre d’économistes. «Evidemment, ce sera difficile. Evidemment, cela implique de bousculer nos pratiques et notre façon de dépenser l’argent public. Mais c’est nécessaire», a d’ailleurs prévenu Antoine Armand, le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.




