Invité de LCI lundi soir, Edouard Philippe a annoncé qu’il recommandait aux 34 députés de son parti Horizons de s’abstenir sur le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui doit faire l’objet d’un vote solennel au Palais-Bourbon mardi 9 décembre.
Ce texte «n’est pas satisfaisant» mais «je ne suis pas partisan du chaos, je ne propose pas de voter contre. Je n’ai jamais voulu que le gouvernement de Sébastien Lecornu tombe», a déclaré l’ancien Premier ministre, alors que l’adoption de ce texte budgétaire est très incertaine.
L’abandon de l’article 49 alinéa 3, une «concession» au PS
Le patron d’Horizons avait déjà fermé la porte à un vote favorable au PLFSS. «On ne peut pas voter pour», avait-il affirmé mardi 2 décembre lors d’une réunion du bureau politique de son parti, et de son groupe à l’Assemblée, à laquelle il était présent. Si sa sortie a secoué le bloc central, son auteur assure que Sébastien Lecornu n’a pas été surpris par sa position. Sur LCI, Edouard Philippe a même rapporté avoir échangé vendredi avec Sébastien Lecornu, un ami personnel et normand comme lui.
L’abstention de ses troupes à l’Assemblée nationale renverse les regards vers le groupe des écologistes : sans leur abstention, l’adoption du PLFSS s’annonce quasiment impossible. Sur LCI, l’ex-Premier ministre a également estimé que Lecornu «pourrait» utiliser l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. Selon lui, avoir renoncé trop tôt à cet l’article était une «concession» au Parti socialiste. L’utiliser serait même «bien plus simple» face à l’absence de majorité. Car pour Edouard Philippe, le 49.3 n’est pas «antidémocratique».
Toujours opposé à une primaire
Revenant sur son appel à une présidentielle anticipée, incompris au sein du bloc central, le maire du Havre a assuré qu’il n’était pas dans un «esprit de revanche» à l’égard d’Emmanuel Macron. «Pour le pays, rester dans cette situation qui commence en juillet 2024 [avec la dissolution] jusqu’en mai 2027, c’est-à-dire pendant trois ans, c’est très long et c’est pas bon», s’est-il justifié.
Interrogé un peu plus tard sur une éventuelle primaire de la droite pour la prochaine présidentielle, le candidat déclaré a réitéré son refus d’y participer. Alors que Laurent Wauquiez, le patron des députés Les Républicains (LR) propose une primaire allant de Gérald Darmanin à Sarah Knafo, ce périmètre pose un problème de «bornes» pour Edouard Philippe. A ses yeux, un éventuel candidat Renaissance n’accepterait pas de soutenir la candidate du parti d’extrême droite Reconquête en cas de victoire. Et inversement. T
oujours candidat pour 2027, l’ex-locataire de Matignon assure par ailleurs s’y préparer «sérieusement». «Je ne dis pas que je gagnerai, mais je me prépare sérieusement», a-t-il affirmé, ajoutant qu’il ne se désistera pas. Seul éventuel motif de renoncement, a pointé l’ancien chef du gouvernement, un échec dans sa ville du Havre lors des municipales en mars 2026 : «Si j’échouais à convaincre les Havrais […], je ne serais pas dans une bonne position pour espérer convaincre les Français.»
Mise à jour à 22h31 avec davantage d’éléments.




