Le gouvernement ne s’attend pas à ce que le budget de l’Etat soit voté avant la fin de l’année. Mercredi 10 décembre, au lendemain de l’adoption du budget de la Sécurité sociale, au bout de plusieurs semaines de discussions, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé que les discussions pourraient se prolonger en janvier si l’Assemblée et le Sénat ne parviennent pas à un accord dans les délais impartis.
«Si un accord est impossible entre l’Assemblée nationale et le Sénat», qui doivent se réunir en «commission mixte paritaire» le 19 décembre, «nous poursuivrons probablement ces discussions en janvier», a déclaré Maud Bregeon sur France 2, fermant ainsi la porte à l’utilisation du 49-3. Il faudra alors que le Parlement s’accorde d’ici fin décembre sur une «loi spéciale» permettant la continuité de l’Etat, notamment la levée des impôts existants et le gel des dépenses, comme ce fut le cas en 2024 après que le gouvernement Barnier avait été renversé. Le budget avait alors été adopté en février.
En sortie de conseil des ministres, Maud Bregeon a néanmoins partagé le raisonnable optimisme de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre, a-t-elle dit, juge «possible» d’adopter le budget d’ici la fin du mois de décembre. Optimisme, il faut l’être, en effet, car si l’adoption du texte de financement de la Sécurité sociale a requis du Parti socialiste de s’éloigner du programme du Nouveau Front populaire, et du camp présidentiel, d’abandonner certains totems, les discussions sur le budget promettent d’être autrement plus difficiles.
«Je ne dis pas que nous n’arriverons à rien, je dis simplement que pour l’instant, l’évidence c’est que nous n’y arriverons pas dans les délais qui nous sont fixés», a commenté mardi soir Olivier Faure. Pour tenter de dégager des majorités, le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé fin novembre, l’organisation de plusieurs débats, suivis d’un vote, et ce sur cinq thèmes : la défense, la lutte contre le narcotrafic, l’agriculture, l’énergie et le déficit. Première étape ce mercredi avec un débat suivi d’un vote sur le renforcement, «oui ou non», des armées.




