Sébastien Lecornu en opération séduction. Présent ce lundi 17 novembre au sommet Choose France, destiné à encourager les investissements dans l’hexagone, le Premier ministre a tenté de calmer l’inquiétude des patrons sur la question du budget 2026. Selon le chef du gouvernement, «on fait peur actuellement à une partie du pays avec des taxes qui n’auront jamais d’application, parce qu’elles ne sont pas constitutionnelles, parce qu’elles n’ont pas d’assiette». Au moment où l’Assemblée nationale débat du projet de loi de finances de l’Etat pour 2026, le véritable «péril qui pèse sur l’économie française, c’est l’absence de budget», a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu devant des entrepreneurs.
Décryptage
Le locataire de Matignon invitant les patrons à se «rassurer» face à certaines taxes votées à l’Assemblée. «La question de la fiscalité réapparaît, parce qu’il y a des aspirations à de plus en plus de justice fiscale, a-t-il expliqué à son auditoire. Mais qui se déconnectent complètement de l’économie réelle». Or, «on fait peur actuellement aux acteurs économiques sur la base de textes qui n’existent pas». Le Premier ministre, qui s’exprimait face à des représentants du patronat, d’entreprises comme Airbus ou de fédérations professionnelles, a aussi déclaré qu’il saisirait le conseil d’Etat sur plusieurs mesures.
Et Sébastien Lecornu d’ajouter : «J’ai besoin, […] d’avoir des acteurs du monde économique qui parlent clairement. Qui rassurent leur base sur des problèmes qui n’existent pas», a-t-il martelé évoquant notamment «ceux qui ont soi-disant gagné 26 milliards d’euros sur une taxe qui n’existe pas», en référence à une taxe sur les multinationales censée rapporter ce montant, adoptée fin octobre à l’initiative de LFI.
«Arrêter de faire comme si tout ce qui était voté était réellement voté»
Alexandre Saubot, président de France Industrie, a évoqué la «gravité» de la situation des industries, et s’est inquiété de projets fiscaux «délirants», selon lui. Mais il «faut arrêter de faire comme si tout ce qui était voté était réellement voté», a pointé le chef du gouvernement, alors que le parcours législatif du budget est loin d’être terminé.
Sébastien Lecornu préférant insister sur le risque d’une absence de budget. Dans ce scenario, «c’est 6 % de déficit garanti», et «là pour le coup, je vois bien les mesures dites d’austérité ou de fiscalité un peu aveugles qui pourraient s’abattre sur une part de l’économie française mais aussi sur les ménages», a-t-il prévenu. Des compromis sont donc faits actuellement «pour éviter le pire demain», a-t-il fait valoir, tout en répétant qu’il «n’[endosserait] pas n’importe quoi». Le Normand ajoutant : «Le compromis en tant que tel n’est pas une fin en soi, la stabilité n’est pas une fin en soi».




