Au moment où les questions budgétaires électrisent le débat public, notamment autour du coût de la protection sociale mais aussi du poids monumental pris par les aides publiques aux entreprises, l’économiste et statisticien Clément Carbonnier (université Paris-I-Panthéon-Sorbonne) revient dans son livre Toujours moins ! (la Découverte, collection «Economie politique») sur «l’obsession du coût du travail», qu’il présente comme une «impasse stratégique de capitalisme français». Selon lui, l’accumulation d’exonérations de cotisations sur les salaires depuis les années 1990 n’a pas réellement créé d’emplois, alors qu’elle coûte aujourd’hui 75 milliards d’euros par an. Et nous a conduits dans un «triangle d’impossibilité».
Vous parlez d’une obsession pour le coût du travail. D’où vient-elle ?
Au sortir de la guerre, il y a une période de reconstruction et de croissance comme on n’en a jamais eu avant et pas eu depuis, avec du plein-emploi – masculin – et une forte croissance de la protection sociale. Puis vient la rupture des années 70, la crise pétrolière change la donne. Il y a moins de croissance, plus de chômage et des rappo




