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Interview

Clément Carbonnier, économiste : «Il faut lâcher l’ambition de baisser le coût du travail»

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Dans son ouvrage «Toujours moins !», le professeur d’économie revient sur quatre décennies de baisses des cotisations sociales, une politique coûteuse qui a selon lui conduit à une «impasse».

Le Premier ministre Pierre Mauroy (à gauche) et le président du CNPF (ancêtre du Medef), Yvon Gattaz, s'entretiennent, le 15 avril 1982 à Matignon concernant le coût du travail. Cette réunion est le point de départ du livre de Clément Carbonnier. (Pierre Clement/AFP)
Publié le 01/12/2025 à 17h59

Au moment où les questions budgétaires électrisent le débat public, notamment autour du coût de la protection sociale mais aussi du poids monumental pris par les aides publiques aux entreprises, l’économiste et statisticien Clément Carbonnier (université Paris-I-Panthéon-Sorbonne) revient dans son livre Toujours moins ! (la Découverte, collection «Economie politique») sur «l’obsession du coût du travail», qu’il présente comme une «impasse stratégique de capitalisme français». Selon lui, l’accumulation d’exonérations de cotisations sur les salaires depuis les années 1990 n’a pas réellement créé d’emplois, alors qu’elle coûte aujourd’hui 75 milliards d’euros par an. Et nous a conduits dans un «triangle d’impossibilité».

Vous parlez d’une obsession pour le coût du travail. D’où vient-elle ?

Au sortir de la guerre, il y a une période de reconstruction et de croissance comme on n’en a jamais eu avant et pas eu depuis, avec du plein-emploi – masculin – et une forte croissance de la protection sociale. Puis vient la rupture des années 70, la crise pétrolière change la donne. Il y a moins de croissance, plus de chômage et des rappo

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