Il y a d’un côté les déclarations des politiques de droite regrettant que le modèle social français permettrait à certains Français de toucher plus en accumulant les aides sociales qu’en travaillant. Récemment, le Premier ministre et le ministre du Travail ont encore remis en avant cette idée dans le débat public, évoquant leur volonté de créer une «allocation sociale unique» comme le réclame de longue date Laurent Wauquiez, le député LR y voyant une solution pour lutter contre «l’assistanat». Et puis il y a les faits : d’après un document de travail de l’Office français des conjonctures économiques (OFCE) relayé par le Parisien ce mardi 23 décembre, «l’emploi est toujours plus rémunérateur que l’inactivité».
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Les auteurs de l’étude ont étudié 20 cas types, explique le quotidien, comme le fait d’être en couple ou célibataire ou d’avoir un, deux ou plus d’enfants dans son foyer. Dans chaque cas, travailler est plus intéressant financièrement que de ne dépendre que des prestations sociales. Par exemple, une personne seule sans revenu du travail peut percevoir 851 euros de prestations sociales (RSA + allocations logement). Même si elle exerce un emploi payé au smic à mi-temps, ses revenus grimpent à 1 191 euros (salaire + allocations logement + prime d’activité). Et pour un emploi à temps plein au smic, ses revenus atteignent 1 656 euros (salaire + prime d’activité).
«Un foyer qui travaille gagne nettement plus»
Le constat est le même pour une personne en couple et avec des enfants : il sera plus avantageux pour elle d’avoir un emploi, même à mi-temps et payé au smic, que de ne pas travailler. L’OFCE est donc formelle : «Un foyer qui travaille gagne nettement plus qu’un foyer qui ne vit que d’aides sociales.» C’est d’autant plus vrai, soulignent les auteurs, que 95 % des salariés du privé gagnent un salaire supérieur à 1,05 smic et que leur rémunération évolue normalement rapidement. De plus, travailler permet d’avoir accès à certains avantages «immédiats» comme les tickets-restaurant, la prise en charge d’une partie de la mutuelle, des transports, ou «différés», comme le droit au chômage et à la retraite.
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L’OFCE reconnaît malgré tout une limite à son étude : elle ne prend pas en compte le coût du travail pour un ménage, comme la nourrice ou la crèche à payer pour faire garder ses enfants, ou encore le prix à débourser pour faire le trajet entre son domicile et son lieu de travail.




