Menu
Libération
Justice

Après Shein, le gouvernement signale six nouvelles plateformes vendant des produits illicites

Dans un entretien accordé au «Parisien» ce vendredi, le ministre Serge Papin révèle que Temu, AliExpress, Wish, eBay et Joom mettaient aussi en vente des armes illicites ou des poupées pédopornographiques. Amazon est également dans le viseur.

Le ministre des PME, Serge Papin, à l'Assemblée nationale, le 4 novembre. (Stephane de Sakutin/AFP)
Publié le 14/11/2025 à 20h12

Serge Papin est en plein ménage. Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises a révélé, dans les colonnes du Parisien ce vendredi 14 novembre, que les contrôles effectués par la répression des fraudes (DGCCRF) ont été fructueux. Dans la lignée du scandale qui a démarré avec la vente de poupées pédopornographiques et d’armes sur le site de Shein, la France s’est lancée dans la lutte contre les abus des plus grandes plateformes de l’e-commerce.

Résultat : les chinoises Temu et AliExpress, les américaines Wish et eBay, et la lettonne Joom ont toutes les cinq été notifiées à la justice pour avoir proposé le même type de produits illicites sur leur site. «Nous avons signalé au procureur de la République l’ensemble des plateformes qui proposaient des contenus illicites», a ainsi annoncé le ministre du Commerce.

Poings américains et machettes

Dans le détail, sur une trentaine de plateformes contrôlées : AliExpress et Joom vendaient elles aussi des poupées sexuelles à caractère pédopornographique tandis que Wish, Temu, eBay et à nouveau AliExpress proposaient à l’achat des armes de catégorie 1, comme «des poings américains ou des machettes», précise Serge Papin.

Par ailleurs, Amazon a également été signalée aux côtés de Wish et Temu car toutes trois «ne respectaient pas leurs obligations de filtrage des mineurs aux images à caractère pornographiques», a-t-il ajouté.

«S’agissant de Shein, nous avons en plus demandé sa suspension à la justice. Toute plateforme qui aura commercialisé des articles illicites aura le même traitement», assure le ministre. Pour rappel, l’assignation de l’Etat contre le géant chinois sera examinée par la justice le 26 novembre .

Contrôle de l’offre

La pression mise par le gouvernement français en à peine deux semaines sur le géant chinois Shein a donc été concluante, estime Serge Papin, qui rappelle que le site a depuis «suspendu sa marketplace et retiré de la vente tous ses produits hors vêtements» et que les autres plateformes «commencent à faire le ménage». «Les marketplaces, si elles veulent continuer à faire du commerce en France, doivent contrôler leur offre, martèle-t-il auprès du Parisien. Sinon elles prendront le risque d’être suspendues.»

Au niveau européen aussi, les Etats membres se sont réveillés ces derniers jours : les ministres des Finances se sont entendus jeudi pour supprimer l’exonération des droits de douane sur les petits colis importés d’Europe, d’une valeur inférieure à 150 euros. L’objectif de la réforme est de lutter contre ces plateformes qui ne respectent pas les normes européennes, face aux problèmes sociaux, environnementaux et éthiques qu’elles représentent.

Quant à la vaste opération de contrôles mise en place la semaine dernière, Serge Papin déclare que «le travail est encore en cours» mais que de manière générale, sur des contrôles ciblés, «la douane enregistre en moyenne huit colis non conformes sur dix».

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique