Le taureau est dans le rouge. L’Union européenne a annoncé jeudi 12 novembre mener une enquête contre le fabricant autrichien de boissons énergisantes Red Bull, qui pourrait avoir réduit illégalement la concurrence en abusant de sa position dominante dans le secteur. Soupçonné d’inciter les distributeurs à arrêter de commercialiser les produits concurrents ou à les désavantager, il pourrait également profiter du fait que certains magasins lui délèguent l’assortiment, la mise en rayon et la promotion des boissons qu’ils commercialisent, afin de favoriser ses propres produits.
«Réduire la compétition»
Bruxelles dit disposer d’éléments indiquant que le groupe aurait développé une stratégie à l’échelle européenne, visant à «réduire la compétition sur les boissons énergisantes de plus de 250 ml» au niveau des ventes réalisées en magasins, comme dans les supermarchés ou stations-service, selon un communiqué consulté par l’AFP.
Première étape avant le lancement de l’enquête sur les pratiques anticoncurrentielles présumées du groupe autrichien, les enquêteurs de la Commission européenne avaient mené, en mars 2023, des inspections dans les locaux de l’entreprise. A l’époque, cette dernière avait confirmé auprès de l’AFP que ces visites avaient eu lieu et avait assuré coopérer pour répondre aux questions soulevées.
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Red Bull, boisson contenant de la taurine, des vitamines et de la caféine, a été créée dans les années 1980 par l’homme d’affaires autrichien Dietrich Mateschitz, décédé en 2022. Il s’était associé à un entrepreneur thaïlandais, Chaloe Yoovidhya, afin d’adapter au marché européen Krating Daeng («taureaux rouges» en thaï), une boisson similaire lancée en Thaïlande par ce dernier.
Sponsor de nombreux événements et équipes, omniprésente dans le monde de la Formule 1 mais aussi dans le football, la marque est devenue un fleuron de l’industrie agroalimentaire autrichienne, à coup de marketing agressif.
Boissons «qui donnent des ailes»
Outre ces aspects économiques, Red Bull est également épinglé pour des enjeux de santé publique autour de ses boissons qui «donnent des ailes». Autrefois soupçonnée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (ancêtre de l’Anses) de favoriser la «toxicité rénale» ou d’exposer à des risques «neuro-comportementaux indésirables», la recette originale était interdite en France entre 1996 et 2008. Mais sa toxicité n’a jamais été établie par les autorités de santé.
Le gouvernement britannique, quant à lui, a récemment annoncé travailler à une loi pour interdire la vente de ces canettes riches en caféine et en sucre aux jeunes de moins de 16 ans, au nom de la lutte contre l’obésité, les troubles du sommeil et du comportement.




