Oubliez les inquiétants Labubu et leurs dents ciselées. En Chine, sa moue donne le sourire. Bouche tournée vers le bas, grelot tintant autour du cou et mine renfrognée, ce poney triste à la toison rouge, haut d’une vingtaine de centimètres, est la star du Nouvel An chinois.
Alors que l’année à venir sera patronnée par le signe du cheval, ce canasson en peluche, vendu au prix de 25 yuans (environ 3 euros), est devenu la coqueluche de tout un peuple. La raison ? Une malfaçon. Censée arborer un large sourire, la pièce, fabriquée dans une usine de Yiwu dans la province du Zhejiang, a malencontreusement été cousue à l’envers, après l’erreur d’un ouvrier de l’atelier. Mais la maldonne a finalement été salutaire pour cette entreprise de l’est du pays.
Plus de 15 000 exemplaires vendus chaque jour
Marqué sur son flanc d’un signe doré censé apporter prospérité à son propriétaire, le petit jouet fait surtout depuis quelques jours les beaux jours du fabricant.
Le patron de l’entreprise affirme auprès du site d’information chinois citynewsservice.cn avoir été forcé d’ouvrir plus de dix lignes de production. Le but : honorer les commandes de la version triste du cheval rouge qui se vend comme des petits pains. Plus de 15 000 exemplaires défectueux sont vendus chaque jour.
Le fabricant annonce ouvrir dix lignes de production supplémentaires
Lancé en octobre dernier, le jouet original, avec un sourire dans le bon sens, ne s’écoulait il y a encore quelques jours qu’à 400 exemplaires quotidiens. Mais ça, c’était avant que la popularité du poney au sourire à l’envers n’enflamme les réseaux sociaux du pays. Des photos d’exemplaires défectueux sont postées sur les réseaux sociaux par des clients gagas de leur dada. En moins d’une semaine, le hashtag #YiwuCryCry-HorseGoneViral génère 100 millions de vues sur la plateforme chinoise Sina Weibo. Les commandes s’affolent.
Face à la forte demande, l’entreprise a assuré à ses clients qu’elle allait continuer à fabriquer la version de son jouet au visage triste. Symbole du nouvel an, le petit cheval serait aussi devenu le symbole de travailleurs épuisés. A l’image des jeunes cols blancs chinois, selon le South China Morning Post.
D’après le quotidien, ces salariés se reconnaissent en lui : son expression d’épuisement et de dépit refléterait à la perfection leur état, après des journées stressantes à rallonge, passées à trimer. Les ouvriers de l’usine de Yiwu devraient eux aussi se reconnaître dans les yeux du petit cheval : face à la célébrité grandissante de sa création, l’entreprise a augmenté ses rendements et ouvert dix lignes de production supplémentaires.




