Arnaque sur le jambon. A travers ses entreprises de charcuterie Casa Ramon, le Comptoir du Pata Negra et ABG Holding, un homme d’affaires basé dans le Val-de-Marne importe en France des jambons espagnols qu’il revend ensuite, notamment dans les grandes surfaces. Mais avec ses produits faussement étiquetés avec des nominations ibériques haut de gamme comme «pata negra» ou encore «belotta», les trois entreprises et leur propriétaire commun ont été condamnés lundi 5 janvier à Créteil à 1,7 million d’euros.
A la suite de l’enquête lancée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), les trois sociétés ont été condamnées à payer respectivement 645 000, 490 000 et 465 00 euros, tandis que leur dirigeant doit payer en plus une amende de 120 000 euros.
Confiance des consommateurs trompée
Sous ces trois marques de charcuterie, des produits estampillés «belotta», c’est-à-dire faits à partir de porcs élevés à l’extérieur et qui se sont nourris de glands qu’ils cherchent eux-mêmes dans les sous-bois, sont vendus en grande surface. Le groupe propose aussi de la charcuterie «pata negra», faite à partir d’animaux au lignage ibérique bien établi et considérée comme le caviar des jambons. Mais ce sont les prix bas pratiqués ainsi que l’aspect visuel du jambon qui ont poussé la DGCCRF à ouvrir une enquête.
En étudiant la comptabilité des entreprises, les inspecteurs ont découvert du matériel pour refaire les emballages et ont estimé à la fin de leurs investigations que «le bénéfice généré indûment est de l’ordre de 1,5 million d’euros». Dans ses réquisitions, la procureure a résumé l’ampleur du procès : «A partir du moment où l’on change l’appellation de l’origine pour le consommateur, on trompe sa confiance». Le dirigeant des entreprises, qui a changé d’avocat vendredi et avait demandé un renvoi du dossier, n’était pas présent à l’audience. Son nouveau conseil, Anthony Lerebourg, a indiqué après l’audience que son client avait l’intention de faire appel.




