Le groupe Galeries Lafayette a annoncé ce mercredi 28 janvier avoir «finalisé» la cession des murs du grand magasin parisien BHV «à l’investisseur auquel il avait consenti une exclusivité» en décembre, sans divulguer le nom de ce dernier.
Selon une source proche du dossier à l’AFP, l’investisseur en question est le gestionnaire d’actifs nord-américain Brookfield Asset Management. Le groupe SGM, cofondé par Frédéric Merlin, qui a racheté le fonds de commerce du BHV il y a deux ans, «poursuivra l’exploitation et le développement du grand magasin», indique toutefois le groupe Galeries Lafayette dans un communiqué. De son côté, la SGM «se félicite de pouvoir bénéficier du savoir-faire de ce partenaire» qui permettra, selon elle, «la réhabilitation totale du bâtiment», a-t-elle réagi dans un communiqué.
Profil
Ce rachat intervient alors que le grand magasin parisien traverse de multiples turbulences ces derniers mois, se trouvant notamment au cœur d’une polémique née de la décision de Frédéric Merlin d’accueillir dans ses murs Shein.
«Rupture de confiance»
L’arrivée du géant asiatique du commerce en ligne, symbole de la mode ultra-éphémère, accusée de nombreux maux (concurrence déloyale, pollution, non-respect des droits humains…), au sein de l’emblématique Bazar de l’Hôtel de Ville, a fait un tollé dans le monde politique et rendu impossible le rachat des murs par le groupe SGM.
Car initialement, Frédéric Merlin était sur les rangs pour racheter les murs du BHV : son groupe était lié aux Galeries Lafayette par une promesse de vente, mais le tour de table s’est avéré plus difficile que prévu, en particulier après que SGM a été lâché par la Banque des territoires.
L’entité, qui appartient à la Caisse des dépôts, un temps en négociations avec SGM pour la création d’une foncière commune pour le rachat des murs de l’emblématique Bazar de l’Hôtel de Ville, s’est finalement retirée de l’affaire après avoir pris connaissance «sans aucune information préalable» du partenariat décidé entre Shein et le BHV, déplorant une «rupture de confiance» entre les deux parties.
Reportage
Le groupe Galeries Lafayette a finalement arrêté son choix sur le fonds canadien Brookfield Asset Management, géant de la gestion d’actifs nord-américain, dans les conditions qui avaient été proposées au groupe SGM.
Peu d’achats estampillés Shein
Galeries Lafayette est de toute façon durablement brouillée avec Frédéric Merlin : refusant de voir son nom associé à Shein, le groupe a rompu son contrat avec la SGM concernant sept magasins en région – rebaptisés BHV.
Le groupe Galeries Lafayette souligne cependant la «logique de continuité et de partenariat» dans laquelle «s’inscrit» la cession finalisée ce mercredi, confirmant la poursuite de l’exploitation du magasin par la SGM.
Interview
Frédéric Merlin fait néanmoins face à plusieurs difficultés : d’une part, le départ du BHV de nombreuses marques (Dior, Sandro, Guerlain, etc.) en raison d’une accumulation d’impayés ou par opposition à Shein. D’autre part, le géant asiatique semble avoir du mal à trouver son public au sein du BHV : si 5 000 visiteurs minimum viennent chaque jour au magasin Shein depuis son ouverture début novembre, peu ont acheté, reconnaissait Frédéric Merlin mi-janvier devant le Sénat.
Dans un entretien mi-décembre au magazine spécialisé LSA, le dirigeant a dévoilé ses nouveaux projets pour le BHV avec notamment une halle alimentaire de 1 000 m2 en juin 2026, la création d’une marque BHV, l’implantation d’un restaurant de type «bouillon» ou encore une offre de parapharmacie.
Loin d’être refroidi par la polémique, le patron du BHV entend également donner davantage de place aux produits Shein, qui occupent déjà un espace de plus de 1 000 m2.




