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Les prix à la consommation «ne reviendront jamais» à leur niveau d’avant-guerre en Ukraine, selon le patron d’Intermarché

A l’approche des fêtes de fin d’année, Thierry Cotillard s’est réjoui ce jeudi 11 décembre au micro de France Info d’une inflation désormais «contenue». Ce qui reste loin d’une baisse des prix, qui ont explosé depuis 2022.

Photo d'illustration. (Getty Images)
Publié le 11/12/2025 à 12h25

Les fêtes de Noël en 2025 devraient coûter «un peu» moins cher aux Français que les années précédentes. C’est le constat émis ce jeudi 11 décembre par Thierry Cotillard, le patron du Groupement Mousquetaires /Intermarché, au micro de France Info. Le dirigeant a évoqué une «plutôt bonne nouvelle» au sujet de l’inflation, «contenue à 1 dans ses rayons. De manière générale, l’augmentation globale des prix à la consommation en France atteignait + 0,9 % sur un an en novembre, selon une estimation de l’Insee publiée à la fin du mois.

En revanche, Thierry Cottilard a prévenu : après la période «d’hyperinflation» consécutive au choc de la guerre en Ukraine, marquée par des hausses de prix «de 15 à 20 points», «on ne reviendra jamais aux prix d’avant». Selon lui, d’ici «deux ou trois ans», «les prix actuels vont devenir les prix de référence» dans la tête des consommateurs français.

Le chef d’entreprise affirme que «tout coûte plus cher aujourd’hui. Ce qui coûtait 100 euros il y a deux ou trois ans, on est maintenant sur une base à 115 ou 120 selon les produits», a souligné le patron d’Intermarché. Selon lui, «les salaires de toutes les usines ont augmenté, les coûts de production, le transport, l’électricité…» Et son groupe conserve ses marges «de 2 , a-t-il aussi reconnu.

Le dirigeant a aussi rappelé l’impact des «aléas climatiques» dans la récente explosion des prix de certains produits spécifiques, comme le café et le chocolat. Concernant le cacao, de mauvaises conditions climatiques ces dernières années dans les principaux pays producteurs, la Côte d’Ivoire et le Ghana, ont provoqué une forte baisse de la production. Idem pour le café au Brésil, au Vietnam et en Indonésie. Ces «pénuries de matières premières», selon Thierry Cotillard font donc flamber les cours.

L’impact de la baisse du nombre d’agriculteurs

Pour la viande, qui subit aussi une hausse des prix «de 20 %», l’explication est plus franco-française. Le patron d’Intermarché met ça sur le compte «du cheptel qui n’est pas renouvelé parce que les agriculteurs qui partent en retraite ne trouvent pas de repreneurs de leurs fermes». Et qui dit manque manque de bœufs, de moutons ou encore de porcs, dit augmentation des prix dans les rayons.

En dehors de ces cas spécifiques, il s’attend à une «situation quasi normale» pour les prix de l’année 2026, à l’issue des trois mois de négociations commerciales entre la grande distribution et l’industrie agroalimentaire. D’ici au 1er mars, elles fixeront les prix et les conditions (modalités de livraison, calendrier promotionnel…) auxquelles les grandes surfaces s’approvisionnent auprès des fabricants.

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