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Reportage

«On espère le plus tard possible» : au BHV Dijon, les salariés redoutent l’arrivée prochaine de Shein

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Prévue à l’origine pour le 18 novembre, l’ouverture du corner de la marque d’ultra fast-fashion dans le grand magasin dijonnais est sans cesse reportée. Pour masquer le départ de plusieurs dizaines d’enseignes, la surface de l’espace a été doublée, sur fond de malaise parmi les salariés.

Lors d'une manifestation contre l'arrivée de Shein à Dijon, le 15 novembre 2025. ( Sabrina Dolidze /Divergence)
ParIsmérie Vergne
envoyée spéciale à Dijon (Côte-d’Or)
Publié le 27/01/2026 à 7h00

Sur l’artère principale du centre-ville piéton de Dijon, l’imposant édifice de plus de 7 000 m² qui surplombe la rue de la Liberté a opéré sa mue. Depuis novembre, les kakémonos rouges estampillés «Galeries Lafayette» suspendus à la façade en pierre de taille ont été décrochés, laissant place à de discrètes inscriptions «BHV» en lettres blanches sur les vitrines. Au grand désespoir des salariés. «On a perdu notre nom, c’est comme nous retirer un petit bout de nous-même», déplore une employée.

Entre les murs du magasin – style art déco avec ses balustrades en fer forgé et ses mosaïques murales –, c’est le grand remue-ménage. Du sous-sol, le vrombissement d’une visseuse parvient jusqu’à l’entrée. Juché sur un escabeau, un homme monte une étagère destinée à accueillir de nouveaux articles de la marque Shein.

Au rez-de-chaussée, deux vendeuses déballent des sacs à main et les exposent sur une gondole jusqu’alors vide, encore surmontée de l’inscription «Gerard Darel». Les quelques articles de maroquineri

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