Sur l’artère principale du centre-ville piéton de Dijon, l’imposant édifice de plus de 7 000 m² qui surplombe la rue de la Liberté a opéré sa mue. Depuis novembre, les kakémonos rouges estampillés «Galeries Lafayette» suspendus à la façade en pierre de taille ont été décrochés, laissant place à de discrètes inscriptions «BHV» en lettres blanches sur les vitrines. Au grand désespoir des salariés. «On a perdu notre nom, c’est comme nous retirer un petit bout de nous-même», déplore une employée.
Entre les murs du magasin – style art déco avec ses balustrades en fer forgé et ses mosaïques murales –, c’est le grand remue-ménage. Du sous-sol, le vrombissement d’une visseuse parvient jusqu’à l’entrée. Juché sur un escabeau, un homme monte une étagère destinée à accueillir de nouveaux articles de la marque Shein.
Au rez-de-chaussée, deux vendeuses déballent des sacs à main et les exposent sur une gondole jusqu’alors vide, encore surmontée de l’inscription «Gerard Darel». Les quelques articles de maroquineri




