D’un geste sûr, il dévisse le pavillon, sépare les corps, libère les clés une à une : sous ses doigts, la clarinette se désosse pièce après pièce. Le diagnostic est sans appel : «Il faut nettoyer les clés, nourrir le bois, changer les lièges entre les emboîtements, huiler la perce et les cheminées puis ajuster l’étanchéité des tampons», liste Simon Lebret, réparateur d’instruments à vent depuis 2010, tablier en cuir noué dans le dos.
En ce mercredi de novembre, ce n’est pas un particulier qui a poussé la porte de son atelier nantais, mais Antoine de Kerautem, fondateur de Zic Ethic, la première plateforme qui revend des instruments reconditionnés à travers la France. Simon Lebret est depuis la création du site en 2021 l’un des quatre artisans spécialisés dans les vents auquel il fait appel pour offrir un bain de jouvence aux instruments achetés à des particuliers, avant leur remise en vente.
«Cette clarinette a au moins 20 ans et devait certainement traîner dans un placard. Le bois est très sec, elle n’a pas dû être jouée depuis dix ans», déduit l’artisan en inspectant le pavillon, à la recherche d’une fissure à colmater. Dans cette grenadille du Mozambique, un bois noir, «dur, léger et solide», la moindre fente altérerait le timbre.
Dans cet atelier où la lumière du jour peine à pénétrer, les instruments, les outils et les pièces détachées s’entassent. Un euphonium, un petit tuba, attend dans un coin d’être débosselé. On repère aussi un saxophone pr




