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Cadeau ?

Prime de Noël : pas «un luxe» pour Marylise Léon, Sophie Binet recommande au gouvernement de plutôt «s’attaquer aux milliardaires»

La secrétaire générale de la CFDT s’est opposée aux déclarations du ministre du Travail, dénonçant les restrictions de cette prime de fin d’année qu’elle jugeait déjà austère. Son homologue de la CGT fustige ce jeudi 6 novembre un choix «honteux» et «mesquin».

Créée en 1998 et toujours reconduite depuis, la prime de Noël est attribuée à plus de 2,2 millions de ménages. (sot/Getty Images)
Publié le 05/11/2025 à 10h46, mis à jour le 06/11/2025 à 9h36

Un cadeau de fin d’année ? La prime de Noël, versée aux allocataires de minima sociaux, n’est ni «de la générosité» ni «un luxe», a estimé ce mercredi matin sur RMC la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, après que le ministre du Travail l’a décrite comme faisant partie d’une «politique de générosité maximale».

A la recherche d’économies tous azimuts pour limiter le déficit public, le gouvernement a annoncé lundi 3 novembre une réduction du budget dédié à cette prime de fin d’année. D’un montant de 150 euros pour une personne seule, elle est versée habituellement à l’ensemble des bénéficiaires du RSA et aux chômeurs en fin de droits. Mais le gouvernement souhaite désormais la réserver aux allocataires qui ont des enfants.

«Je ne crois pas qu’on puisse parler de générosité»

Mardi matin sur France Inter, Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail et des Solidarités a justifié cette mesure, «Je ne suis pas sûr que notre pays ait les moyens de poursuivre ces politiques de générosité maximale. Il faut donc un recentrage». Un altruisme affiché que Marylise Léon s’est empressée de nuancer, «Je ne crois pas qu’on puisse parler de générosité» pour des personnes au RSA qui «n’ont pas beaucoup plus que 500 euros par mois».

Et la secrétaire générale de la CFDT a insisté : même seules et sans enfant, pour ces personnes, «je ne pense pas que ce soit de la générosité ou un luxe d’avoir ces 150 euros sur un an, en une fois». Interrogée par ailleurs sur la volonté du gouvernement de taxer davantage les ruptures conventionnelles, Marylise Léon a dit vouloir «comprendre pourquoi il y a autant de volonté de quitter des postes de travail». «Je pense qu’on n’a pas résolu la question du rapport au travail depuis quelques années», a-t-elle ajouté.

«Ce n’est pas parce qu’on n’a pas d’enfants qu’on ne fête pas Noël»

Un choix «honteux» et «mesquin» du gouvernement Lecornu, fustige à son tour la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, invitée sur le plateau de TF1 ce jeudi 6 novembre. «Ce n’est pas parce qu’on n’a pas d’enfants qu’on ne fête pas Noël», et cette prime, «c’est la conquête d’une lutte qui a été menée par la CGT et par les chômeurs en 1997-1998, où nous avons réussi à l’arracher pour les plus précaires», affirme-t-elle.

La dirigeante syndicale accuse le gouvernement de «faire les poches à ceux qui galèrent déjà à finir leurs fins de mois», et ce «au lieu de s’attaquer aux milliardaires». «Il faut qu’il revienne en arrière sur ce point, c’est indispensable», exhorte-t-elle.

Le ministre de l’Economie Roland Lescure a jugé mercredi soir pas «choquant» de réserver la prime de Noël aux allocataires de minima sociaux qui ont des enfants. «On propose de recentrer le dispositif sur ceux qui croient encore au Père Noël, ça semble assez raisonnable», a-t-il déclaré sur LCI, estimant que cette mesure devrait permettre d’économiser «quelques millions d’euros».

Mise à jour à 9 h 36 avec la réaction de Sophie Binet.

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