Cet article est tiré du Libé spécial auteur·es jeunesse. Pour la septième année, Libération se met aux couleurs et textes de la jeunesse pour le Salon du livre de Montreuil (Seine-Saint-Denis) qui ouvre ses portes le 26 novembre. Retrouvez tous les articles ici.
Je pense souvent à comment je serais, vivrais, réagirais si j’avais 15 ans aujourd’hui. Comment je trouverais ma place, du sens, l’envie de grandir dans un monde où l’image a pris le dessus sur tout, dans tous les domaines. Au milieu des années 1990, il était déjà compliqué d’avoir confiance en l’image que je renvoyais, et pourtant, il n’y avait pas les réseaux sociaux et les incursions dans ces espaces de publicités et autres alertes bondissantes m’intimant d’acheter, dans les cinq minutes, un legging à 4,99 euros, sinon ledit legging se retrouverait dans le panier de Nathalie, cette pimbêche de 1,70 mètre qui change de vêtements tous les jours.
Trente ans ont passé, je n’ai plus 15 ans et je n’ai pas revu Nathalie depuis le bac. En revanche, je fréquente régulièrement des ados de 15 ans dans les classes, les librairies et les bibliothèques où j’interviens. Lorsque je parle avec eux, je suis souvent ébah




