Shein a choisi la discrétion. Sans tambour ni trompette, le géant de l’e-commerce a rouvert – «il y a quelques jours», dixit un de ses porte-parole – sa marketplace qui accueille les produits des vendeurs tiers. Depuis le 5 novembre, Shein avait suspendu «de sa propre initiative» cet espace de vente en France après la découverte d’articles interdits comme des poupées pédopornographiques, des armes blanches et des médicaments.
«A l’issue d’un examen approfondi de nos dispositifs de contrôle et de conformité, nous avons engagé une réintroduction progressive et rigoureusement encadrée d’une sélection de produits de la marketplace en France, issus de vendeurs parmi les plus expérimentés et les plus établis», explique Shein à l’AFP ce mercredi 7 janvier.
Dans la tourmente depuis fin octobre, la plateforme accusée de dérives sociales et environnementales, a profité d’une accalmie pour rouvrir cet espace de vente. Le 19 décembre, le tribunal judiciaire de Paris a rejeté la demande de l’Etat de blocage provisoire du site Shein en France, jugeant la mesure «disproportionnée» après le retrait volontaire des produits illicites. Le gouvernement a annoncé dans la foulée faire appel de la décision. La justice a simplement contraint Shein à ne pas rouvrir la vente de produits pornographiques pour adultes sans la mise en place d’un filtre d’âge efficace.
Depuis début novembre, Shein ne vendait plus que ses collections de vêtements à bas prix, sans cesse renouvelées, fabriquées en Chine et en matières synthétiques pour l’essentiel. Elle rouvre désormais ses portes aux vendeurs tiers, mais également à ses propres produits hors habillement.
Audit interne
Les rubriques destinées aux bijoux, aux accessoires, au maquillage, à la décoration, au bricolage et à l’ameublement sont à nouveau disponibles. Tout comme celle pour les jeux et jouets, même si on y trouve exclusivement des grandes marques comme Lego, Hasbro ou Mattel, commercialisées par la branche jouets de la maison mère de Shein, Infinite Styles.
Cette rubrique est particulièrement scrutée par les pouvoirs publics. D’après une étude menée par la DGCCRF, le gendarme de la concurrence, en 2024, plus de 60 % des jouets achetés sur une plateforme d’e-commerce par les enquêteurs se sont révélés «non conformes et dangereux».
Après avoir reconnu des failles et mis en place un audit interne, Shein explique rouvrir avec une «approche graduelle et responsable» pour garantir toutes ses «exigences en matière de qualité, de conformité réglementaire et de sécurité des consommateurs». Le groupe n’a pas précisé de date pour une réouverture complète de son site.




