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Complicité

Contrat du français Capgemini avec l’ICE : Roland Lescure «engage» le groupe à «questionner» ses activités

Selon des informations révélées lundi 26 janvier par France 2, l’entreprise du CAC40 aurait notamment fourni à la police de l’immigration américaine un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères.

Le site de Capgemini, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), le 9 mai 2025. (Daniel Perron/Hans Lucas. AFP)
Publié le 28/01/2026 à 10h03

Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a appelé mardi 27 janvier le groupe d’informatique français Capgemini à «questionner» ses activités, après la révélation d’un contrat passé par une filiale avec la police américaine de l’immigration (ICE) par l’Observatoire des multinationales et France 2.

«J’engage Capgemini à faire la lumière de manière extrêmement transparente sur les activités qui sont les siennes, sur cette politique et sans doute à questionner la nature de ces activités», a indiqué Roland Lescure à l’Assemblée nationale, en réponse à la question d’un député.

Dans un message publié dimanche sur LinkedIn, le directeur général de Capgemini, Aiman Ezzat, a indiqué avoir appris «par des sources publiques» la signature en décembre d’un contrat entre sa filiale américaine et l’ICE. Selon le dirigeant, la structure de cette filiale indépendante, soumise à la législation américaine, impose des règles d’étanchéité avec la direction centrale de l’entreprise. «Le groupe Capgemini est dans l’impossibilité d’accéder à toute information classifiée, à des contrats classifiés», a ajouté Aiman Ezzat, précisant avoir été informé que sa filiale avait «engagé un processus d’examen du contenu et de la portée de ce contrat».

Sans réussir à convaincre Roland Lescure. «Je leur ai dit entre nous que cette explication ne suffisait pas et que la moindre des choses […], c’est qu’une entreprise qui détient des filiales sache ce qui se passe dans ces entreprises, et c’est ce que Capgemini s’est engagé à faire», a indiqué le locataire de Bercy.

Des partenariats «contraires aux valeurs» du groupe

De son côté, le syndicat CGT de Capgemini a demandé dans un courrier adressé à leur dirigeant «l’arrêt immédiat et public de toute collaboration avec l’ICE», dénonçant des «partenariats […] non seulement contraires aux valeurs affichées par Capgemini» mais qui faisaient aussi du groupe «un complice actif de violations graves des droits humains».

«Pourquoi imposer des formations sur l’éthique à l’ensemble des salariés, et parfois même les licencier pour ne pas les avoir suivies, alors que le groupe lui-même ne respecte pas cette valeur s’est pour sa part interrogé le syndicat CFDT de Capgemini dans un communiqué.

La police fédérale de l’immigration a été récemment mise en cause dans la mort de deux citoyens américains abattus à Minneapolis, dans le Minnesota, à moins de trois semaines d’écart alors qu’ils étaient témoins d’opérations menées dans la rue et en plein jour.

A l’Assemblée nationale, La France insoumise (LFI) a annoncé mardi le dépôt d’une résolution contre l’ICE, appelant le gouvernement à dénoncer «les violations des droits humains», à demander une «enquête internationale», ou encore à interdire à ses responsables l’accès au territoire européen.

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