Menu
Libération
Data

Coût de la dette publique : la prime de risque de la France se réduit et se rapproche du niveau d’avant la dissolution

Le spread – l’écart entre le coût des dettes publiques française et allemande – s’est réduit de 15 points de base dans un contexte d’adoption du budget.

Le spread – l’écart entre le coût des dettes publiques française et allemande – s’est réduit de 15 points de base dans un contexte d’adoption du budget. (Julien Guillot)
Publié aujourd'hui à 6h30

Une légère normalisation. Après l’adoption du budget avec l’aide du 49.3 et l’échec des motions de censure lancées par les oppositions, la prime de risque sur la dette publique française s’est réduite. Le spread (l’écart de taux) entre les obligations à 10 ans émises par la France et celles émises par l’Allemagne a diminué, atteignant un creux inédit depuis juin 2024. Les investisseurs ayant légèrement anticipé cet événement, l’écart avait commencé son resserrement quelques jours plus tôt.

La dette française à dix ans se négocie à un taux de 3,45 %, contre 2,87 % pour la dette allemande, soit une différence (un spread) de 0,58 point.

La dissolution avait fait s’emballer un peu le financement de la dette publique française. Les 5 premiers mois de 2024, l’écart avec l’Allemagne était de 49 points de base (0,49 point). Depuis le 9 juin, l’écart moyen est de 73 points de base, soit 24 de plus qu’auparavant.

Une décision de dissoudre qui coûte pour l’instant 1,2 milliard d’euros par an

Depuis le 9 juin 2024, l’Etat français a levé environ 500 milliards d’euros en émettant de la dette à moyen ou long terme sur les marchés pour une durée moyenne de 8 ans. Une hausse du spread avec l’Allemagne de 24 points provoque sur ce montant un surcoût d’intérêts de 1,2 milliard d’euros par an sur 8 ans.

Il n’est bien évidemment pas absolument certain que sans la décision de Macron de dissoudre l’Assemblée, l’écart avec l’Allemagne serait resté constant : le surcoût de la dissolution est peut-être inférieur à 24 points de base. Mais la dissolution a également pu coûter une somme bien supérieure aux contribuables : en comparant le spread de la France avec celui nos deux principaux voisins européens, l’Espagne et l’Italie, on s’aperçoit que ces derniers ont largement diminué sur la même période.

L’Espagne, qui empruntait début 2024 à un taux à 50 points de base plus élevé que la France, bénéficie aujourd’hui d’un taux de 20 points de base plus faible. Tandis que le taux de l’Italie, beaucoup plus élevé il y a deux ans, a rejoint celui de la France en septembre. La France vient de la dépasser à nouveau dans le contexte de l’adoption du budget, probablement parce que les investisseurs anticipent une phase de stabilité institutionnelle.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique