La mairie de Paris à la rescousse du Bazar de l’hôtel de ville ? C’est le fond de la proposition formulée par Anne Hidalgo en conseil de Paris, ce mardi 16 décembre au matin, alors que le grand magasin de la rue de Rivoli traverse une crise ponctuée par la polémique liée à l’arrivée depuis octobre du géant chinois Shein, notamment épinglé par la vente en ligne de poupées pédocriminelles, mais aussi par la désertion de nombreuses marques.
«Alors que la situation du BHV suscite de très fortes inquiétudes pour l’emploi et pour l’avenir du centre de Paris […], j’ai proposé, au regard de l’évolution du site, de déposer un vœu de l’exécutif, indiquant que si ce dernier venait à quitter ses murs, la ville se mettra en position d’acquérir ce bâtiment», a déclaré Anne Hidalgo.
La proposition intervient alors que l’hypothèse de voir Frédéric Merlin, patron de la Société des grands magasins à laquelle appartient le BHV, racheter les murs du bâtiment au groupe Galeries Lafayette, a du plomb dans l’aile. Le délai prévu pour la promesse de vente expire le 19 décembre et, selon les informations de Capital et de BFM Business, le groupe foncier aurait des difficultés à trouver des partenaires pour boucler le dossier.
«Transformer cet espace en beau lieu mixte»
Face à cette situation, la maire de Paris prend ses distances avec le projet de Frédéric Merlin, qu’elle avait soutenu à son arrivée en 2023. Dans sa prise de parole devant le conseil de Paris, elle a émis le souhait «d’y développer un projet d’envergure, répondant aux besoins de commerce, d’activité économique, de logements abordables, en accession à la propriété et logement social». L’idée générale étant, «si l’activité économique quittait ce lieu, de transformer cet espace en beau lieu mixte, intégrant les services de proximité, en préservant une activité commerciale et en étant utile au logement des Parisiennes et des Parisiens».
Profil
Comme le relève le Parisien, la proposition de la socialiste, qui quittera la mairie au printemps, a suscité un certain scepticisme dans les rangs de l’opposition de droite. Aurélien Véron, porte-parole du groupe Changer Paris et coutumier des attaques contre les projets de la mairie, a estimé qu’en agissant ainsi, Anne Hidalgo ne voulait pas racheter le BHV «pour le sauver» mais «pour le disséquer, avec l’argent qu’elle n’a pas, l’expertise qu’elle n’a jamais eue et un projet qu’on devine déjà : un temple militant subventionné, version XXL».




