Menu
Libération
Conjoncture

Insee: la vague omicron freine la reprise attendue en 2022

L’institut table sur une prévision de croissance de 3,2% pour le premier semestre de 2022. L’inflation devrait, elle, être contenue entre 3% et 3,5% jusqu’à juin.

Publié le 08/02/2022 à 18h01

Après l’euphorie d’une année 2021 où la croissance a tutoyé les 7%, l’Insee anticipe une poursuite de la reprise de l’économie française. A un rythme plus tranquille toutefois. Dans son premier point de conjoncture de l’année 2022 publié mardi, l’institut de statistique table sur un acquis de croissance qui s’élèverait à 3,2% à mi-année. Le PIB se situerait alors à 1,8% au-dessus de son niveau d’avant crise.

La percée du variant omicron ainsi que son corollaire, l’accumulation d’arrêts du travail liés aux contaminations, faisaient craindre un ralentissement de l’économie. Début janvier, le chef du département de la conjoncture à l’Insee, Julien Pouget, s’en inquiétait dans nos colonnes : «Même si le choc n’est pas majeur, cela laisse penser que la croissance sera moindre au premier trimestre.» Finalement, l’institut relativise l’impact de cette vague épidémique, estimant que son ombre portée devrait être «circonscrite» et «temporaire». L’annonce fin janvier du calendrier de la levée des restrictions sanitaires a vraisemblablement rassuré les économistes. L’Insee pointe par ailleurs que depuis deux ans, les effets économiques des vagues successives sont allés en s’amenuisant.

Dans le détail, ses prévisions tablent sur une variation de +0,3% pour le premier trimestre 2022. Une anticipation en baisse par rapport à celle annoncée dans son précédent point de conjoncture datant de mi-décembre. Mais pour le deuxième trimestre, l’institut anticipe un rebond de 0,6%, soit plus que les 0,5% escomptés il y a deux mois. Des variations que l’Insee lie notamment à un ralentissement de certains pans de la consommation, au premier trimestre, en raison de la situation sanitaire. L’institut s’appuie sur les statistiques des transactions bancaires qui ont marqué le pas dans plusieurs secteurs comme la restauration ou l’hébergement. Reste à savoir si cet affaiblissement de la consommation est davantage imputable à la vague omicron en elle-même, ou à l’inflation…

Une inflation maintenue entre 3 et 3,5 %

Les dépenses des Français par transaction bancaire ont montré une hausse non négligeable dans une autre dépense : celle du carburant. L’inflation explique ce phénomène. En effet, en janvier, l’indice des prix à la consommation a progressé de 2,9% sur un an, évalue l’Insee. Dans ses projections, qui tiennent compte d’un maintien du cours du Brent à 90 dollars le baril, il estime que l’inflation s’élèverait à plus de 3% en février et se maintiendrait entre 3 et 3,5% jusqu’en juin. L’institut relève toutefois l’impact du «bouclier tarifaire» annoncé en septembre dernier par l’exécutif, sans lequel la prévision d’inflation pour février aurait dépassé les 4%.

L’Insee se montre relativement optimiste dans l’ensemble, prévoyant même une augmentation de la consommation pour le deuxième trimestre. Côté entreprise, l’institut anticipe un reflux des difficultés d’approvisionnement des entreprises, même si elles restent «vives», ce qui pourrait permettrait aux secteurs les plus affectés, notamment dans le matériel de transport terrestre et l’aéronautique, «de poursuivre eux aussi leur rattrapage». Reste une ombre au tableau : les difficultés de recrutement qui atteignent des niveaux records et concernent aujourd’hui 61% des entreprises manufacturières (contre 30% en moyenne sur longue période), 54% dans les services (contre 29% en moyenne) et 77% dans le bâtiment (contre 59%). Des difficultés qui interviennent «relativement tôt dans la reprise», pointe l’Insee. «Plusieurs aléas sont susceptibles d’affecter ces éléments de prévision de PIB et d’inflation», résume l’institut dans son point de conjoncture, l’activité économique restant conditionnée par la situation sanitaire. Mais également par certaines tensions géopolitiques – à la frontière ukrainienne notamment – dont l’aggravation accroîtrait de nouveau les prix de l’énergie…

Dans la même rubrique