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Reportage

Dans le nord d’Israël : «Mon fils de 6 ans sait maintenant différencier le bruit d’une roquette de celui d’un missile»

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Les habitants proches de la frontière libanaise encore présents dans la région vivent entre les tirs de roquettes du Hezbollah et l’espoir d’un retour prochain dans leurs foyers.

A Kiryat Shemona, dans le nord d'Israël, ce jeudi 11 janvier. (Amir Levy/Getty Images. AFP)
ParFranck Bouaziz
Envoyé spécial dans le nord d'Israël
Publié le 11/01/2024 à 21h11

«Regardez, là, c’est le Liban.» A l’entrée de cette usine de pièces mécaniques pour l’industrie de l’outillage, Taër, chargé de la sécurité, montre des collines situées à quelques centaines de mètres et relate son quotidien : «Hier, nous avons dû aller trois fois dans les abris.» Bienvenue à Shlomi, une bourgade de 9 000 habitants située dans la pointe nord d’Israël. Aujourd’hui, la ville ne compte plus qu’une centaine de résidents. Depuis que le groupe chiite libanais du Hezbollah a commencé à expédier des roquettes sur le nord d’Israël, 100 000 habitants d’une bande de 10 km à partir de la frontière ont été évacués. Ils résident depuis le 16 octobre dans des hôtels situés plus au sud, au bord du lac de Tibériade ou à Jérusalem.

Commerces, écoles et ateliers sont fermés à Shlomi, sauf le cabinet d’avocat d’un certain… Shlomi qui fait l’angle d’un immeuble à l’entrée de la ville. Ce quadragénaire a décidé de rester au bureau tard ce soir de janvier et c’est l’une des rares lumières allumées dans les rues désertes. «Il faut quand même que je m’occupe de mes clients. Mes enfants sont à Jérusalem et je les rejoins en fin de semaine.» Shlomi de Shlomi, comme il aime se présenter, tient également à rester auprès de son père. Une personne âgée qui n’entend pas abandonner sa maison. Dans la journée, l’avocat se plonge dans ses dossiers en solitaire, car il est le seul présent à son cabinet. Le silence des lieux est parfois troublé par un sifflement caractéristiq

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